de ces rivières dignées; on tremble, à cliaque crue un peu forte,de les voir submergées. Enfin les vallées s’exhaussent sans cesse,parce que, la hauteur des eaux des fleuves restant à-peu-près lamême, le fond de leur lit s’élève également ; et tout cela pro-vient des dépôts formés dans les inondations.
Ces effets sont plus considérables qu’on ne pense , sur-toutsi l’on fait attention aux circonstances diverses qui tendent aiesfavoriser. Il a été reconnu que depuis 1607 jusqu’en 1800 , lefond du lac inférieur de Mantoue s’était élevé de 233 centi-mètres , par les ailuvions provenant des crues du Pô.
D’après un journal tenu au pont de Plaisance, pendant lescampagnes d’Italie de l’an vi, dans l’intervalle de neuf mois, lePô éprouva six crues , dont les durées totales furent de cent unjours, c’est-à-dire, de plus de trois mois.
Pendant les mêmes campagnes , un orage violent étant sur-venu aux approches de l’équinoxe, les rivières duFrioul enflè-rent prodigieusement : l’orage cessé, les eaux furent écouléesau bout de deux jours au pont de Pinzano , placé au débouchédes montagnes ; et elles se soutinrent, pendant vingt-huit jours,à la môme hauteur , au pont de la Tisaua, situé entre les diguesqui resserrent le lit inférieur du Tagliamento , parce que lesvents venant de la partie de la mer, s’opposèrent à l’écoule-ment des eaux : que l’on juge conséquemment de la facilitéque les dépôts eurent à se former, dans des intervalles aussilongs !
La méthode d’assécher , ou plutôt d’atterrir , les endroitsmarécageux ou submergés , est très-longue : elle devient, mal-gré cela , nécessaire , lorsqu’on ne peut pas procurer d’écou-.lement, ou lorsque la quantité d’eaux affluentes, étant plusconsidérable que celle qu’on ferait écouler, entretiendrait lesterres dans leur état de submersion. L’étang de Capestaug, dont