Nous ayons déjà dit que la rivière d’Aude , sujette à des cruesconsidérables, roulait des eaux très-limoneuses dans la partieinférieure de son cours.
Nous avons dit aussi que la cliaussée de Moussoulens déri-vait une partie des eaux de l’Aude dans la Robine , et unepartie dans le Canal d’atterrissement de l’étang de Capestang ,et qu’on avait fait aboutir au-dessus de la même digue, leCanal de Narbonne, qui est un embranchement du Canal duMidi .
Avant les travaux de ce dernier Canal, les eaux de l’Aude n’étaient point resserrées, en amont de l’écluse de Moussou-lens, entre cette écluse et le village de Salelles : leur élévation,dans ce point, s’est considérablement accrue, à la suite de laconstruction des deux retenues inférieures du Canal de Nar-bonne , savoir : celle de l’Aude , et celle de Gaillousti. Celle-ci,ayant près de 1 200 mètres de longueur, a rétréci d’autant l’es-pace entre le bord droit de l’Aude et Salelles : les ouvragesadaptés depuis encore à l’écluse de Moussoulens, qu’une levéeen terre lie aux coteaux du bord droit, ont fait, de cet espace,un étranglement resserré, dont le goulet est à-peu-pi'ès de470 mètres en ligne droite , entre l’écluse et le bâtiment desépanchoirs de Gaillousti.
Les eaux du fleuve, ayant franchi ce détroit, sur la chausséede Moussoulens, se portent avec impétuosité vers Cuxac ; etaprès avoir, dans une période d’environ trente ans, pris unedirection tortueuse et très-variée, en amont de ce village ,leur cours corrodait avec vitesse , depuis quelques années ,sa berge droite , et menaçait d’atteindre bientôt et d’empor-ter le Canal de la Robine , en le rompant dans la retenue deRaonel : un nouveau lit vient de leur être ouvert sur envi-ron 800 mètres de longixeur, pour les éloigner de ce Canal.