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Tome I.
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HISTOIRE

Pour faire agréer le projet du Canal de Languedoc à Louis xiv ,Colbert exigea que le chevalier de Clerville, commissaire-général des fortifications, et qui jouissait d’un grand crédit à lacour, présentât le devis et démontrât l’utilité du Canal. Il estrare que les hommes portés à ces places éminentes, qui suppo-sent la confiance exclusive d’un Gouvernement, se dépouillentassez de leur amour-propre , pour faire valoir des idées qui neleur appartiennent pas, et dont néanmoins, par leur position ,ils seraient censés devoir être les créateurs. Clerville se rend enLanguedoc , voit F. Andreossy, et parcourt avec lui tous lesendroits par où le Canal devait être conduit. Ce dernier, avecl’abandon que donne la jeunesse, dévoile son projet ; Clervillelui en demande une copie, et l’engage à s’occuper du devis de ladépense. Ces travaux, terminés en 1664, sont confiés l’annéed’après au commissaire général, et lui serven t à former sonpremier devis de 1666 , qu’il présente au Roi, sans faire men-tion ni de l’auteur du projet, ni de M. dé Riquet.

Il s’établit alors une défiance et une lutte, entre l’homme àtalent qui veut conserver le mérite de son idée , et l’intriguepuissante qui cherche à s’en parer.

Forcé de ménager un homme en crédit, appercevant d’ail-leurs quelques difficultés dans l’exécution de son plan, à causedes rivières de Lers et de Fresquel dont il devait faire usage ,F. Andreossy livre sans peine ce premier travail au commissairegénéral. Il s’occupe d’un projet plus vaste , dont la conceptionsimple , et conforme aux meilleurs principes , donne à sonouvrage cette pureté de tracé, qui est encore aujourd’hui àl’abri de toute critique raisonnable.

Cependant Colbert insistait toujours, pour que les devis duCanal fussent faits et présentés par le chevalier de Clerville,F. Andreossy devait craindre qu’en remettant son nouveau