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antiquaire Séguier a soulevé le voile, dont le temps avait enve-loppé les époques et les circonstances de la construction desmonumens romains ; plus loin , sur les bords du Gardon ,la musette de Florian a charmé les ombres d’Estelle et deNémorin.
Les montagnes des Cévennes sont fameuses par les guerresde ces religionnaires, connus sous le nom de Camisarcls. Larévocation de l’édit de Nantes , qui devint si funeste à laFrance , eut des résultats encore plus cruels pour le Langue-doc , où les Protestans se trouvaient en grand nombre. Laplupart d’entr’eux se réfugièrent dans ces montagnes; et la per-sécution leur mit les armes à la main. F'iéchier , évêque deNismes , avait frappé d’anathème les Protestans qui ne vou-laient point abjurer. L’intendant Bàville , au nom du roi , lesavait poursuivis avec une rigueur extrême, Le maréchal deVillars, comblé de gloire et d’années, envoyé pour les réduire,se vit obligé de traiter avec Cavalier leur chef, jeune hommede vingt ans : les Protestans posèrent les armes, mais ne furentpoint convertis. Il est bien difficile , quelques efforts que l’onfasse, d’opérer un changement total dans l’habitude des con-sciences. C’est ce qui faisait dire à Vauban , au sujet du grandnombre de troupes qu’exigeait, en 1686, la tranquillité desprovinces de Guienne et de Languedoc : « Il n’en faut guère» moins dans ces grandes provinces , où la plupart des uou-» veaux convertis ne le sont que du bout des lèvres , et où il» 11e faudra guère moins de neuf à dix ans , pour achever d’éta-» blir la religion catholique dans le cœur de tous ; encore est-ce» à condition, que les vieux mourront entre ci et ce temps-là ,
» et que ceux du moyen âge s’y accoutumeront par ennui ou» autrement, et que les jeunes y seront élevés ».
La tolérance dans les idées religieuses , comme dans les idées