ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 45 Seaux coulent vers ces nouveaux seuils. On ignore sans doute quela rivière d’Orb alimente, par la rive gauche , la partie du Canalcomprise entre Béziers et Agde , tandis qu’elle reçoit, sur la rivedroite , les eaux qui lui sont versées par l’écluse de Fonserane : iln’e'tait donc pas possible, dans cet état de choses, de faire figurerdu côté de Béziers un amphithéâtre d’eaux , pareil à celui qu’onremarque sur la pente opposée. (Voyez le Chap. n , page 43 ).
ün vient de voir qu’une des preuves de l’assertion de l’auteur del’Eloge , n’a pas un fondement très-solide •, examinons si les autressont aussi bien établies. M. Noël assure que, « quoique M. de Vauban » fût lieutenant-général et directeur-général des fortifications du» royaume, il ne dédaigna pas de s’occuper personnellement desk moindres détails de cet important travail ». J’observerai d’abord,que Vauban ne fut directeur-général des fortifications qu’à la mortdu chevalier de Clerville, arrivée en 1678 , c’est-à-dire, deux ansavant que le Canal fût achevé; et il y a apparence qu’à cette épo-que , les moindres détails relatifs à ce grand ouvrage étaient bienavancés. En second lieu , si Vauban eût dirigé -personnellement leCanal de Languedoc, un officier général, un homme de sa réputa-tion aurait correspondu directement avec les ministres. Or , si onconsulte les n os 123 et 202 des manuscrits de Colbert , qui con-tiennent un grand nombre de pièces relatives au projet dont nousparlons , on 11’y trouvera pas une seule ligne de Vauban ; il n’y estquestion que de Clerville. Le n° 123 , sur-tout, renferme les instruc-tions données à cet ingénieur , allant visiter les ouvrages ordonnésdans les provinces de Poitou, pays d’Aunis, Guienne , Languedoc et Provence . A la suite de ces instructions , se trouve un grandnombre de lettres de Clerville à Colbert , où il lui rend compte destravaux du Canal de Languedoc , et des observations qu’il avaitfaites en le visitant. Une nouvelle considération se joint à celle quenous venons de présenter. Vauban , comme nous l’avons dit dansle texte , fut chargé, en 1686 , de faire la visite du Canal du Midi ,dont la navigation était en vigueur depuis 1681. On connaît lestémoignages éclatans qu’il rendit au mérite des auteurs de ce belouvrage , et les moyens qu’il indiqua pour en améliorer l’état ; mais