Comparaisonsans réplique.
§44 ASTRONOMIE, Liv. V.
corps terrestres, ôc que l’atmosphère de la terre, qui depuistant de siécles tiennent à la terre , & tournent avec elle ,n’en aient pas reçu un mouvement commun , une impres-sion & une direction communes ; la terre tourne avec toutce qui lui appartient, & tout se passe sur la terre mobilecomme si elle étoit en repos ; il est étonnant que le P. Ric-cioli, & tous ceux qui ont répété le même argument foustant de formes différentes , n aient pas feu que lorsqu onjette une pierre du haut du mât d’un vaisseau en mouve-ment , elle tombe directement au pied du mât, commequand le vaisseau étoit en repos : le mouvement du vais-seau est communiqué d’avance au mât, à la pierre , & àtout ce qui existe dans le vaisseau, en forte que tout arrivedans ce navire comme s’il étoit immobile ; il n’y a que lechoc des obstacles étrangers qui fait qu’on en apperçoit lemouvement lorsqu’on est dans le navire ; mais comme laterre ne rencontre aucun obstacle étranger, il n’y a abso-lument rien dans la Nature, ni fur la terre qui puisse par farésistance, par son mouvement, ou par son choc, nous faireappercevoir le mouvement de la terre. Ce mouvement estcommun à tous les corps terrestres ; ils ont beau s’éleveren l’air, ils ont reçu d’avance l’impreísion du mouvementde la terre , fa direction & fa vitesse , & lors même qu’ilsfont au plus haut de l’atmosphère, ils continuent à se mou-voir comme la terre. Un boulet de canon qui seroit lancéperpendiculairement vers le haut, avec une très-grandeprécision, retomberoit exactement dans la bouche du ca-non , quoique pendant le temps que le boulet étoit en l’air,'le canon ait avancé vers l’orient de plusieurs lieues ; ( il doitfaire six lieues par minutes fous l’équateur ) : la raison en estévidente ; ce boulet en s’élevant en l’air , n’a rien perdu dela vitesse que le mouvement de la terre lui a communiqué ;ces deux impressions ne font point contraires, il peut faireune lieue vers le haut pendant qu’il en fait six vers l’orient;mais lorfqu’il retombera par fa pesanteur naturelle , il re-trouvera le canon qui n’a point cessé d’être situé fur la lignequi va du centre à la terre jusqu’au boulet.
Pour que le canon restât en l’air sur une même ligne
perpendiculaire