De £ Aberration des Etoiles. 1061
Vctre par l’observation, la différence n’alloit jamais au-delàde Le même accord que l'on voyoic dans cette tablede y du dragon , parut par toutes les autres étoiles, dontl’aberration fut observée ôt calculée, quelle que fùt leurdistance aux colures. M. Bradley assure que cet accord luiparut surprenant, & que dans plus de 70 observations qu’ilavoit faites de y du Dragon pendant une année , il n’y enavoit qu’une qui différât de l’hypothèse de plus de 2", & elleétoit marquée comme très-douteuse à cause des nuagesqu’il y avoit ce jour-là. On voit par-là combien les diffé-rences étoient petites. On est souvent exposé dans cessortes d’observations à en trouver de plus grandes, mal-gré le plus grand foin , à cause de la parallaxe optique deslunettes (2078); ainsi M. Bradley dut regarder cet ac-cord des observations, comme une démonstration de sonhypothèse, ou plutôt il dut cesser de regarder comme hy-pothèse une théorie qui s’accordoit si bien, & avec le mou-vement des étoiles & avec la propagation successive de lalumière déja connue par les éclipses des satellites de Ju-piter.
2240. Je passe donc à fexplication de la cause que Cause de rM. Bradley assigna aux phénomènes qu’il avoit observés berratlon *(2236'), & comme on a ordinairement quelque peine à labien concevoir , je ferai tous mes efforts pour la met-tre hors de doute , êc en rendre le principe aussi évi-dent que doit l’être une proposition de pure Géomé-trie , je vais donc le présenter sous différentes formes ;toutes supposent néanmoins que l’on ait une idée de ladécomposition des forces dans les parallélogrammes ,telle qu’on la trouve dans tous les Livres élémentairesde Mécanique. Soit E une étoile, ( Figure 233.), qui Fig.i 35;lance un rayon de lumière considéré comme un corpusculequi va de E en B ; soit AB une petite portion de l’orbitede la terre , de 20" par exemple, ( l’on verra dans un instantpourquoi nous choisissons ce nombre 20" ), & CB l’es-pace que le rayon a parcouru pendant que la terre décrivoitAB, en sorte que le corpuscule de lumière B étoit en Clorsque la terre étoit en A } ôt arrive au point B en même