LE PLDS CONVENABLE POUR LES RAILS. 29
revient la question, quel est. le degré de douceur ou de duretéqui correspond au maximum de durée des rails? Gommje l’ai déjà dit, on ne peut songer à l’acier extra-doux, aufer doux fondu, au métal que l’on recherche pour les chau-dières à vapeur, et les coques de navires. Il se déforme-rait sous la pression, il ne serait pas suffisamment rigide.Il faut un métal plus résistant et plus dur. S’il s’agissaitd’acier pur, d’acier au creuset, simplement carburé, onpourrait, sans nul doute, adopter un métal relativementdur, parce qu’alors la dureté est alliée à la ténacité (*) ;mais comme il s’agit d’acier commun, plus ou moinssouillé d’éléments étrangers, la dureté implique toujoursun certain degré d 'aigreur, ou de fragilité, qui non seule-ment favorise les ruptures, mais aussi, comme on vientde le voir, Yusure des rails. Au fond, ce n’est donc pasla dureté proprement dite qui est à craindre, mais biencelle qui est due aux impuretés. Plus un rail contientd’éléments étrangers, plus vite il s’use. Il faut donc quel’acier pour rails ne renferme, outre le carbone, que laproportion strictement nécessaire d’éléments étrangerspour lui donner une certaine dose de rigidité sans fragilité.Cette dose-limite varie avec celle du carbone. Plus l’acierrenferme de carbone, moins il supporte d’éléments étran-gers sans devenir fragile (aigre). C’est ce que Terre-Noire aprouvé pour le phosphore et M. Mazek pour le silicium;et c'est aussi ce que l’on constate pour le manganèse, quoi-que son influence délétère soit moins prononcée et qu’ilpuisse même jusqu’à un certain point, lorsqu’il y a peu decarbone, corriger les défauts provenant du phosphore etdu silicium. Par suite, on ne saurait fixer un minimum
(*) Je rappellerai ici que si la dureté entraînait l’aigreur, il fau-drait à tout jamais exclure les fils d’acier des câbles de mines.Or on sait qu’en Allemagne on préfère les câbles en acier aux câ-bles en fer, mais aussi on ne se sert pour ces câbles que d’aciercarburé pur fondu au creuset.