152 DV MOVVEMENT adans le mefme eſpace de temps; ce qui montre clairement quil y a quelque autre cauſe qui regle les Flux&Reflux,& que ce peu d'alteration qu'ils regoivent descourans eſt par accident& contre Iintention de leurcauſe.
L'erreur de cette opinion demeure par la manife-ſtement con vainquè„puis quelle tire la cauſe du Flux& Reflux qui eſt le troiſième mouve ment de la Mer,des deux precedens, bien qu'il ne puiſſe nullementproceder, non plus que le premier de la rarefaction fai-te par la chaleur du Soleil, de ſoite que le fo dementde toute cette Doctrine ſera ruincux& ſuppoſe. Cen eſt pas à dire pour cela que le Soleil ne rare fie les eauxde la Mer,& meſme toute ſortes d'enaux, non ſeule-ment celles qu'il regarde perpendiculairement, maistoutes les eaux qui dans la Met, dans les Rivieres, dansles Fleuves, dans les Fontaines,& la Terre meſme quiſont rarefices& reduittes continuellement en vapeurs,& en exhalaiſons pat la chaleur,& par le mouvement duSoleil, comme il ſe voit par lex perience des choſes cy-deſſus re marquꝭes, mais cette tarefaction& ſubtilifa-tion des eaux n' eſt pas la cauſe du Flux de la Mer; Sonorigne eſt pluſtoſt un mouvement local, une cauſe im-pulſive& mouvyante ſelon le lieu, tel qu'eſt le Mouve-ment de la Mer, veu que meſme le mouvement localeſt pluſtoſt la cauſe de la chaleur, de la rarefaction& detous les autres mouvemens ou changemens, comme lepremier de tous en origine, en digaité& en vertu. IIn'eſt rien de plus caſuel& incertain que cette rare fa-ction& ᷑levation, quand elle ſeroit veritable pour cau-fer un mouvement certain comme eſt le Flux; ſi les eauxſont plus profondes ou moins froides comme celles du
Nord