DE LA MER. 165autres, meditet les Divines avec une profonde appli-cation, voir juſques où peuvent aller les principesqu' Ariſtote en donne;& pour les choſes ſenſiblesuſer d'une extraordinaire patience& diligence dansleur recherche: mais ſur tout comme de toute les Phi-lophies, il n'y en a point qui ſoit plus lite& ſuivie quecelle d' Ariſtote, à cauſe de ſon raiſonnement conti-nuel, il eſt neceſſaire dexaminer profondement&ſericuſement toutes les parties de ſa Philoſophie, dontles uns expliquent les autres avec nettetẽ. De là vientcette grande difficultè qu'on, ſouſfre d ordinaire ſur toutceux qui ſont attachez aux conſidetations Mathema-tiques, de ſcavoir la penſèe d' Ariſtote ſur quelque ſujet, qu'on dit ſouvent avoir parlè ſelon celle dautruy& non pas ſelon la ſienne. Nous en rapporterons un exẽ-ple. Ceux qui condamnent la definition qu'il a nonnèedu chaud, que c eſt ce qui aſſemble les choſes Homo-genes,& diſſipe celles qui ſont Heterogenes; Et dail-Ieurs que le froid aſſemble indifferemment toutes ſor-tes de corps, qu Ariſtote ne nous a pas appris par làce que ſont la chaleur, la froideur, mais ſeulement cequbelles operent dan les corps, qui ſont les ſujets deleurs actions. D'autres ont accouſtumòè en ce lieu d'ex-cuſer Ariſtote,& de dire qu'en definiſſant le chaud&le froid, i a par& ſelon la penſee d' autruy,& non pasſelon la ſienne, ce qui luy arriye ſouvent? mais que ſonpiopre ſentiment ſe put conclure du ſecond Livre de1 Anſe, od aprés avoir aſſuré que le Sentir eſt une eſ-pece de paſſion, il propoſe la Queſtion ſcavoir ſi lorsque nous ſentons, nous patiſſons par que! que chole deſemblable,& il conclud que dans les mouvemens de
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