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170 DV MOVVEMENT
E paſſion nons ſommes devenus ſemblables à Fobjetqui ag it ſur nous. Cela eſt veritable; ceſt pourquoyil faut remarquet qu Ariſtote en raiſonnant na rienapportè de ſon imagination; mais taché d'expliquerordre des choſes, autant qu'il eſt permis à la raiſonhumane de les connoiſtre. Il s eſt contentè de mon-trer les rapports& differences des choſes; afin de bor-ner la faculté de raiſonner à l'ordre de la Nature, ſouslequel il aſſujettiſt la Raiſon, qui en elle meſme,eſt une image de infini, peut former une infinitè deRaiſonnemens differens qui luy paroiſtront tous clairs& evidens& dont elle ne reconnoiſt la veritè quelorſqu'elle tache de les appliquer aux choſes. Les te-gles qu'il a eſtablies ſont autant de remarqueʒ& d'ob-ſervations differentes, leſquelles il faut ſuivre neceſ-ſairement dans lordre de la connoiſſance, autrementſi ion en obmet quel qu'une hon eſt en danger de 8garer& de faire quelque fauſſe attribution, à cauſequ'on attribuera ce que Jon a obmis à ce qu on ſcait,& C'eſt ce que font nos Philoſophes Modernes,qui attribuent tout à la matiere qui n eſt qu une par-tie de leſtre en general,& n ont pu concevoir ce qued eſt qu' Eſtre, Eſſence, Subſiſtance, Subſtance, Ma-tiere, ayant confondu toutes ces choſes ſous le motd'Eſtenduè, qu'ils croyent eſtre la ſeule choſe qui ſepreſente clairement à la connoiſſance de Entende-ment,& meſme ils ſont ſi hardis de ſoutenir que tou-tes ces choſes ne ſont qu Abſtractions chimeriques,quoy qu'on ait eſtè obligè dans la veritè de les diſtin-queguer toutes par la difference qu'on à découvertpar Ie taiſonnement eſtre dans la Nature; car bientoutes les choſes paroiſſent ſouvent contraires& dif-