177 DV MOVVEME NTutiles, infructueuſes, que la pluſpart de nos Philo-ſophes augmentent en une grandeur ſi vaſte que cétyvroye a ſuffoquè le froment d'où Fon eut pu for-mer le pain qui eut noutry la Raiſon naturelle, luydonner force& vigueur; au lieu que toutes ces par-ticulariteʒ Jaccablent, lamuſent, la rempliſſent plu-toſt de vent que d'un bon ſuc. Ce ſont des ordures,des ballieures de l Eſchole, des apoſtumes,& des ex-cremens d'un corps replet, qui a corrompu la bonneſubſtance,& changè cette ſaine& ancienne Philo-ſophie que nous avions receuꝭ de ce premier Au-teur en des chicanes, des pointiles,& des ergotiſmesindignes d'un Philoſophe, ou plutoſt d'un hommeraiſonnable; o neanmoins la plus grande partie de laPhiloſophie d'aujourd huy aboutit, qui ne produitqu'un peu decume, de poil- folet, de paroles, uncrayon de ja Philoſophie, dont original ne ſe peuttrouver tout au plus que parmy les Medecins,& dansfort peu d Vniverſiteʒ, au moins pour les choſes quile regardent. Ainſi je croirois volontiers, que nayantpas eſtè rechercher parmy tous ces grands, ces doctes& ces ſubtils Scholaſtiques toutes ces curioſiteʒ,&ayant meſme tachẽ d'oublier celles que j'y en avoistrop appriſes, mon eſprit a eſtè plus dechargè& pluslibre à faire la découverte des veritez qu ils nontoint trouvëes ni mèëme recherchèes.
Ct empeſchement& ce vain amuſement retranchè,il faut en oſter un autre, qui eſt; que dans les diſficultez& obſcuriteʒ qu on trouveta, ſur tout dabord dans lalecture d' Ariſtote, on ne ſe ſerve pas des interpretespour tirer de leurs Commentaires intelligence despaſſages qui y paroiſſent obſcurs. Lun des grands em-