124 Dissertation XV.
Ceci servira peut-êrre à indiquer à ceux quisont à portée de se procurer une plus grandequantité de cette matière , la route qu’il fautsuivre pour parvenir à une analyse exacte decette pierre, que nous regardons comme fi pré-cieuse par sa dureté * sa transparence & son éclat,quoiqu’il ne faille qu’un feu médiocre de quel-ques instans , pour la faire passer toute entiereen fumée , tandis que le rubis & la plupart desautres gemmes ressent absolument intacts.
{tr* La propriété qu’a le diamant de s’enílammer sifacilement à l’air libre , & fur-tout celle de se conserverà un feu de la derniere violence, lorsqu’il est environnéde pouslìere de charbon, ainsi que je m’en suis assuré parune expérience faite au laboratoire de l’Académie deDijon, le 10 Mai 1781 , m’avoient déterminé à le pla-cer parmi les phlogistiques , dans les tables minèralogiquesdressées pour ses Cours publics. J’imaginois bien cependantque le phlogistique n’étoit pas put dans le diamant, &qu’il devoit avoir une base quelconque ou terreuse, très-rare,ou plutôt du genre des acides. Pour l’obtenir sépa-rément , j’essayai de le faire attaquer par plusieurs subs-tances très-avides de phlogistique , telles que la chaux demanganèse , l’acide muriatique déphlogistiqué , l’acide ar-senical , &c. Rien ne me réussit que le nitre en fusion;ne retrouvant plus le diamant que j’y avois jeté, je ju-geai qu’il avoit éprouvé dans ce fluide une vraie décom-position par combustion , quoiqu’il n’y eût pas eu de dé-tonnation sensible, mais je perdis l’espérance de recueillirla base qu’il avoit pu y laisser, lorsque je vis la quantitéde terre qui se séparoit de la masse saline dissoute dansl’eau, & qui avoit été détachée du creuset par factiondu nitre. En répétant cette opération sur quelques karatsde diamant , avec du nitre parfaitement pur, & dansun creuset d’or , on peut espérer de la rendre concluante,& de retenir réellement la base du phlogistique dans lediamant ; mais je fuis forcé de dire , comme M. Bergman,que je laisse cette expérience à faire à ceux qui font plussoumis que moi de ces matières précieuses.