L A B U
noie est de la figure & de la grandeur environ qu’étoient autrefois les piecesde quinze fols de France : elle a pour légende d’un côté la Profeífion de foi desMahométans, & de Fautre le nom d’Abas avec celui de la ville où l’Abassy aété frappé.
CetteMonnoie a grand cours en Perse, où elle vaut deux mamamoudisou quatre chayés ; le chayé estimé un peu plus que quatre fols six deniers , £qui revient à environ dix-huit fols, quatre à cinq deniers de France,
II y a des pieces de cinq Abasiis , & des pieces de deux Abaíïìs qui en va-lent la moitié ; il s’en fabrique peu , elles n’ont point de cours dans le Com-merce , Sc ne font pour 1 ordinaire que ce qu on appelle , en terme de Mon-noie , piece de plaisir. La piece de cinq Abaffis est ronde , un peu plus épaisse& plus grande que l’écu de France, la demi à proportion ; elle revient àenviron quatre livres douze à treize fols de France.
ABRA, Monnoie d’argent fabriquée en Pologne, de la valeur d’environtrois fols six deniers de France.
L’Abra a cours à Constantinople & dans tous les Etats du Grand Seigneur :cette Monnoie y est reçue fur le pied du quart de l’Astelani , ou Dallerde Hollande. Voyez Daller.
ABUKESB, les Arabes & les Turcs, domiciliés au Caire, appellent Abu-keíb, le Daller ou écu de Hollande, le même qu’à Smirne, à Constantinople& dans les autres Echelles du Levant on nomme Aflani.
Cesdifférens noms viennent de l’empreinte du Lion, qui est frappé dechaque côté de ces pieces d’argent appellées en Turc AJlanì , que les Arabesprennent pour un chien nommé en leur langue Abukesb.
L’Abukesb, ou Daller , vaut aq Caire trente-trois Meidins en change, 8ctrente-huìt, quelquefois plus en efpeees, à raison de dix-huit deniers de Fran-ce le Meidin , ou de trois Afpres, monnoie de Turquie : on le reçoit à peuprès fur le meme pied à Constantinople & dans le reste de l’Empire Turc.
L’Abukeíb est au titre de huit deniers vingt grains, 8c vaut argent deFrance 3 livres 4 fols 2 deniers.
ACIER, efpece de fer rafiné & purifié par le feu , qui le rend plus blanc,plus solide, & d’un grain plus menu & plus fin.
L’Acier est de tous les métaux le plus dur, quand il est préparé & bientrempé , pour y parvenir on jettte des lames de fer d’environ un pouce d’é-paisseur , dans un grand fourneau ,&on en fait un lit ; on y jette des cornesou des ongles d’animaux , & dn charbon de saule ou de hêtre, dont on faitun autre lit, 8c ainsi lit fur lit : on fait ensuite un grand feu qui enflammeles ongles 8c les cornes, ôc qui calcine le fer de maniéré que le soufre desongles & des cornes venant à pénétrer les pores du fer, il les rend p lus resserrés.
Quand le fer est prêt à fondre on le retire du fourne» 11 , on ie trempe en-