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Tome premier.
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le Blanc ,page z 5 q.

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» riches Marchands qui y perdirent grandement. Auffi du rems qu’icelles-- Monnoies avoient cours pour si grand prix , cela étoit fort au préjudice» des Seigneurs , car les Censiers qui leur dévoient argent , ven-« dolent un septier de bled dix ou douze francs , & pouvoient ainsi payer« une grande cenfe par le moyen & la vente de huit ou dix septiers de bled-- seulement; de quoi plusieurs Seigneurs & pauvres Gentilshommes reçu-» rent de grands dommages & pertes. Cette tribulation dura depuis Tan» 141 5 jusqu à l’an 1421 , que les choses se remirent à un plus haut point,» touchant les Monnoies, car un écu fut remis à vingt-quatre fols : puis on-- fit des blancs doubles de la valeur de huit deniers, & toute autre Mon-» noie fut à l’équipolent remise chacune à sa juste valeur & quantité. Or,w en icelle année que les Monnoies surent de la sorte remises à leur régie 8 c» légitime valeur, cela fit naître quantité de procès & de grandes dissen-» rions entre plusieurs habitans du Royaume , à cauíè des marchés qui au-» roient été faits dès le tems de la susdite foible Monnoie , qui pour ce,, rems couroit : c’est à savoir l'écu à vingt-quatre fols , & des blancs pour« huit deniers , comme il vient d'être dit : en quoi il y avoir grande dé-» cevence, tromperie & confusion pour les acheteurs

Charles VII, dans le grand besoin d’argent où la longueur des guerresqu’il eût à soutenir 1 avoir réduit, poussa i’affoibliísement des Monnoies siloin , & leva fur elles un si gros droit, qu’il retenoit les trois quarts d’unmarc d’argent pour son droit de Seigneuriage, & pour les frais de la fabri-cation : il prenoit encore une plus grosse traite fur le marc d or. Ce Princeayant chassé les Anglois du Royaume s commença à y rétablir l’ordre par lerèglement des Monnoies : on lit dans un ancien manuscrit, environ de cetems-là, que le peuple fe ressouvenant de l’incommodité Sc des dommagesinfinis qu’il avoir reçus de l’affoiblissement des Monnoies , Sc du fréquentchangement du prix du marc d’or Sc d’argent, pria le Roi d’abandonner cedroit, consentant qu’il imposât les Tailles & les Aydes, ce qui leur fut ac-cordé. Le Roi se réserva seulement un droit de Seigneuriage fort petit, quifut destiné au payement des Officiers de la Monnoie f Sc aux frais de la fa-brication.

Un ancien registre des Monnoies, qui paroît avoir été fait fous le régnede Charles VII, dit que , oncques puis que le Roi mût les Tailles des poJJeJ~fions , des Monnoies ne lui chalut plus. Le Blanc , page 92.

Ces affoiblissèmens devinrent si grands, qu’au mois de Mars 1559, onfit monnoie cinq centième : le marc d’argent valut cent deux livres, Sc l’écud’or onze livres. Voyez au mot Monnoie , celles de Charles VI 8 c VII, ouest expliqué ce que c’est que monnoie cinq centième.

Les grands assoiblissemens qui ont été faits aux Mànoies , n’onr jamais

duré