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Tome premier.
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S. Louis en fie ausiî fabriquer qui étoit d’or fin , du poids de trois denierscinq grains trébuchans, Sc valoir douze fols six deniers tournois j ces folscroient d argent fin , Sc pefoient environ autant que l’aignel : de fortejque l’ai-gnel valoir de notre monnoie courante dix livres dix fols cinq deniers.Cette efpece prit son nom de son empreinte , qui repréfentoit un moutonou aignel, comme on parloir en ce tems, qui étoit marqué fur l’un de fescôtés.

Philippe le Bel, Louis Hutin, Philippe le Long Sc Charles le Bel, firentfabriquer des aignels d’or de même poids Sc au même titre que ceux deS. Louis ; ceux que le Roi Jean sit faire étoient, de même , d’or fin , maisils étoient plus pefans environ de dix à douze grains que ceux de fes pré-décesseurs , puifqu’ils pefoient trois deniers seize grains la piece.

Charles VI Sc Charles VII en firent auíîi fabriquer qui ne pefoient quedeux deniers , Sc n’étoient pas d’or fin.

Voyez, au mot Monnoie , les différens titre de ces efpeces fous les régnesde ces Rois.

On voit, par ce que nous venons de dire, que les aignels d’or, qu on nom-ma auísi Moutons d’or à la grande laine , Sc quelquefois Moutons d’or à lapetite laine, ont eu cours en France pendant près de deux cens ans. Cetteefpece a été non seulement fort célébré en France, mais même dans les au-tres états ; Sc les Princes voisins de la France , à limitation de nos Rois »firent faire des efpeces auxquelies ils donnerent le nom de Mouton d’or.Le poids & le titre de cette monnoie ayant été fixés jufqu’à Charles VI, lesFrançois & les Etrangers aimoient fort à contracter à cette monnoie ; ontrouve à tous momens dans les titres Sc dans les contrats de ces tems éloi-gnés , mutones aurei.

AJUSTER les flaons ,c’est les couper, les limer pour leur donner le justepoids qu ils doivent avoir quand ils font trop pefans Sc les rejetter quandils font trop légers.

Le Prévôt des Ajusteurs leur distribue les flaons de même qu’aux Taille-resses pour les ajuster au poids que doivent avoir les efpeces: ils fe ferventà cet effet de certains poids, appelles dénéraux, pour les peser , Sc de li-mes en maniéré de râpe , formées de cannelures par angles entrans Sc ser-rans , appellées efçouennes, pour limer les plus pefans jufqu’àcequ’ils soientconformes aux dénéraux, c’est ce qu’on appelle , ajujler la breve.

AJUSTER CARREAUX, terme dont on íe fervoit quand le monnoyageLU marteau etoit en usage ; c’étoit couper avec des cizoirs , ou cisailles , lesangles des carreaux, ou pieces de métal carrés dont on devoir fabriquerles efpeces.

, pa . Celui qui faisoit cet ajustement ou approche, étoit astis fur un siégé plus.