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Tome premier.
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On donne aussi le bran aux outils de vélin.

II faut que les outils de baudruche soient pressés & sèches toutes lesfois qu’on s’en sert, sans quoi l’humidité de l’air qu’ils pompent avec uneextrême facilité, rendroir le travail pénible. II ne faut pourtant pas lesfaire trop sécher , la baudruche trop sèche est perdue.

Quant aux outils de vélin , lorsqu ils font trop humides, on les répandfur un tambour ; c’est une boète faite comme celle où on enfermeroit unechauffretteavec cette différence quelle est beaucoup plus grande & plushaute, & qu’au lieu d’une planche percée , fa partie supérieure est grilléeavec du fil d’archal j on étend les feuillets de vélin fur cette grille , 8Cl’on met du feu dans le tambour.

II parent que les Romains ont possédé l’art d’étendre for • mais il n’est ( j ecet  r t.'pas aussi certain qu’ils salent poussé jusqu’att point où nous le possédons.

Pline rapporte que , dans Rome, on ne commença à dorer les planchersdes maisons qu’après la ruine de Carthage , lorsque Lucius Mummiusétoit censeur ; que les lambris du Câpitole furent les premiers que sondora, mais que dans la fuite, le luxe prit de si grands accroissemens,que les Particuliers firent dorer les plafonds & les murs de leurs ap-partemens.

Te même Auteur nous apprend qu’ils ne tiroient d une once d’or quecmq à six cent feuilles de quatre doigts en quarté, que les plus épaissesS’appelloient Bractée Pr<&nefìin<e. , parçequ’il y avoir à Pr en este une Statuede la Fortuite, qui étoit dorée de ces feuilles épaisses , §5 que les feuillesde moindre épaisseur fe nommoient Bracle& quefioru : il ajoute qu’onpouvoit tirer un plus grand nombre de feuilles que celui qu’il a dé-signé.

II étoit difficile d’assujettir les Batteurs d’or à la marque , ía nature deíeur ouvrage ne permet pas de prendre cette précaution contre l’envie qu’ilspourroient avoir détromper en chargeant for qu’ils-emploient de beaucoupd alliage : mais heureusement sart même y a pourvu ; car sor se travail-lant avec d autant plus de facilité', qu’il est plus pur, ils perdent du côtédu rems & de la quantité d ouvrage , ce qu’ils peuvent gagner fur la ma-krere , Kt peut-etre même perdent-ils davantage. Leurs ouvrages font fu^jets- au paiement du Droit de Marque & de Contrôle > ainsi que les au-tres ouvrages d’or &c d’argení.

Quoiqu il ne s’agisse que de battre ,■ cette opération n’est pas aussi fa-cile quelle l e paroît; & il y a peu d’art où le savoir-faire soit aussi sen-sible : tel habile ouvrier fait plus d’ouvrage, & plus de bon ouvrage on mipur , qu un autre ouvrier n’en fait de mauvais en un jour & demi- Ce-