Le Blanchi-ment.
454 FAT
Les íîaons ; ainsi ajustés , font remis par le Prévôt entre lés maiirs du Direc-teur avec ceux qui ont été rebutés comme foibles, & les limailles:: le tout poidspour poids, comme il s’en étoit chargé, ce qui s’appell e rendre là breve-
Quand, on veut étendre les lames d’or , on les fait recuire: dans une efpecede fourneaux dont Pâtre est de carreaux oude briques j. a^ant, huit à neuf pou-ces au-dessus, desbarreaux de fer en man iéré de grille r on jette les lames des-sus , on les couvre de braize Sc on les laisse en cer; état jusqu a ce qu’ellessoient assez recuites ; alors on les retire du fourneau Sc on les jette dans unbaquet plein d’eau commune pour les adoucir, enforte qu elles s’étendentplus facilement ; on les passe ensuite entre les rouleaux , les roues du moulinfont tourner ces rouleaux , & les lames s’étendent ainsi en passant -, on les re-passe de même entre les rouleaux , jusqu à ce qu’elles soient à peu près de l’é-paisseurdes efpeces à fabriquer : on ferre à cet effet les rouleaux plus ou moins ,par le moyen des écroux Sc des visses qui servent à cet usage.
On en use de même pour étendre les lames d’argent, on les passe d’abordavant que da les recuire, comme celles de l’or, mais on les laisse refroidirfans les jetter dans l’eau qui les aigriroît, de maniéré qu’elles ìïe pourroiencplus s’étendre facilement, ôc courroient risque même de se casser en pas-sant par les rouleaux. Quand elles font refroidies , on les passe entre les rou-leaux jufqu’à ce qu’elles soient à peu-près de l’épaisseur des efpeces à fabri-quer, & en étatd’être coupées en flaons , on se sert à cet effet de vis & d’é-croux.pour serrer les rouleaux, comme il a été ditci-dessus.
On porte les flaons qui ont été ajustés, dans un lieu qu’on appelle le blan-chiment,, pour. donner la couleur aux flaons d’or , & blanchie les flaons d’ar-gent.
On y parvient en faisant recuire les flaons soit d’or , soit d’argent, dans unfourneau d’environ quatre pieds en carré , dont l’âtre est de barreaux de feren façon de grille ; on y met une poêle carrée & fans manche, dont le fondsest de fer battu- appellé fer de tôle , & les bords d’ua fer plus épais- ; On jetteenviron deux cens marcs de flaons dans certe poêle : on fait un feu de boisen maniéré de réverbère pour les recuire, & on les y laifle jusqu à ce qu’ilssoient assez recuits.
Quand les flaons font en cet état, on retire la poêle du fourneau avec d»grosses tenailles- crochues pat le bout, on verse les flaons dans ùn criblé d»'cuivre rouge , on les y laisse refroidir. Quand ils font froids , on les jette dans-Un autre vaisseau de cuivre appellé bouilloir , où il y' a de 1 eau bouillantsavec du sel commun &c du-tartre dé Montpellier ou gràvelée ,,où on les faitbouillir pour les décrasser, après quoi on les jette dans un autre bouilloirrempli de même que le premier , où on les fait bouillir pour achever de l eSnétoyer jufqu’à ce qu’ik fpient devenus, tout-à ■ fait blanc? j, ce qu’on appells