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Pour adoucir le morceau d’acier dont est fait le quarté, Sc le rendre plusfacile à prendre l’empreinte du poinçon, lorsque ce dernier se frappe dessus,on le recuit, c’est-à-dire , qu’on le fait rougir au feu, & quand il a été frappéà chaud ou à froid, autant qu il est possible , on le répare ; c’est-à-dire,qu’avec quelques-uns des outils dont nous avons parlé ci-deíïus , on achevedans le creux de perfectionner les traits, ou les parties qui, à cause de leurdélicatesse , ou du trop grand relief du poinçon, non t pu se marquer surla matrice.
La grate-boësse est une espece de brosse de fil de léton avec laquelle on net-toie le creux du quarté , à mesure qu’on y a réparé quelqu’endroit.
La figure parfaitement finie , on acheve de graver le reste de la médaille,comme sont les moulures de la bordure , les grenetis , les lettres ,&c. qui ,presque tous, particulièrement les lettres & le grenetis, se font avec de petitspoinçons fort acérés Sc bien trempes.
Comme l’on se sert de poinçons pour graver en creux des quartés, on sesert aussi en certains cas des quart és pour graver des poinçons en relief ; maisce n’est gueres que dans les Hôtels des Monnoies que l’on fait ce travail ; leTailleur Général envoie aux Tailleurs Particuliers des matrices pour y fa-briquer des poinçons, aussi bien que des poinçons pour fabriquer des quartés.
Comme les Graveurs ne peuvent voir l’ouvrage en creux avec la même fa-cilité que celui qu’ils font en relief, ils ont imaginés diverses maniérés d’enavoir l’empreinte, à mesure que leur quarté s’avance.
Quelquefois ils se servent d’une composition de cire ordinaire, de téré-benthine Sc d’un peu de noir de fumée, qui se conservant toujours assez mol-le , prend aisément l’empreinte de l’endroitdu creux contre lequel on le pres-se ; mais cette cire préparée ne pouvant servir que pour voir la gravure par-tie par partie, ils ont deux ou trois autres moyens de tirer la figure touteentiere.
Le premier moyen est ce qu’ils appellent du plomb à la main, c’est-à-dire,du plomb fondu qu’ils versent sur ún morceau de papier sur lequel renversantle quarté & le frappant de la main , le plomb à demi liquide en prend Sc enconserve aisément le relief.
La seconde maniéré de prendre une empreinte est avec du soufre lente-ment liquifié 8c à feu doux , dont après lavoir versé sur du papier , on s’ensert comme du plomb à la main , avant qu il soit refroidi.
Enfin la troisième maniéré , mais qui n’est propre qu’à tirer des emprein-tes peu profondes, telles que font celles des monnoies Sc des jettons, consisteà mettre fur le creux un morceau de carte légeìre , Lc l’ayant couvert d’unelame de plomb, donner fur le plomb quelques coups de marteau jusqu a ceque la carte ait pris l’empïeinte du quarté.