M L A V
Quand on vêtit faire les lavûres, on rassemble non-seulement les cendresdes fourneaux Sc les balayeures des lieux où se font les travaux des mon-naies & de l’orfevrerie, mais encore l’on concasse les vieux creusets de terreSc les loupes des fourneaux même, c’est-à-dire, les briques Sc carreaux dontils font faits, auxquels quelques parties d’or ou d’argent se sont attachées parle pétillement qui est ordinaire à ces métaux » quand ils font dans leur der-nier dégré dé chaleur.
Toutes ces matières qu’on appelle terres de lavûres ayant été bien con-cassées & mêlées ensemble, on les met dans de grands plateaux de bois enforme de bassins, où elles font lavées à plusieurs reprises, Sedans plusieurseaux, qui coulant par inclination ^ dans les cuviers qui font au-dessous , en-traînent avec elles les terres Le les parties les plus imperceptibles de l'or Lcde l'argent, ne restant au fonds des plateaux que les particules les plus con-sidérables & les plus grosses que l’on apperçoit aisément à l’oeil , & qui peu-vent se retirer à la main , fans y employer d’autre industrie. On appelle ce
procédé laver au plat.
Après avoir, par le moyen de cette simple lavûre tiré le plus gros de i’osrSc de l’argent, on se sert da vif-argent & du moulin aux lavûres pour en tirerauffi les parties imperceptibles qui font encore restées dans les terres.
Ce moulin est un grand envier de bois relié de fer , à-peu-près de la for-me d’un demi muid dont le fond de dessus peut fe lever j au fonds d’en-basdu envier est une efpece de moulin de fer ou de fonte , composé de deuxpieees principales dont celle de dessous est convexe, & celle qui la couvrepar-dessus, & qui a la forme d’une croix est concave ; ce font ces deux pie-ces qui servent comme de meule au moulin : au-dessus du envier est unemanivelle couchée horisonrâlement, qui par le moyen d’une axe où elle estattachée , fait tourner la piece ou meule superieure j enfin , il y a en bas unebondon pour faire écouler l’eau& les terres quand elles ont été assez mou-linées.
Un seul Ouvrier, assis fur un siégé élevé & placé au milieu de deux de ces;euviers , suffit pour donner le mouvement à deux moulins dontil tourne lesmanivelles , Tune à droite & l’autre à gauche.
Quand les moulins font préparés & qu’on veut faire les lavûres , on em-plit les cuviers d’eau commune , dans laquelle on jette trente ou quarantelivres de vif-argent plus ou moins suivant leur capacité , Sc environ deuxplateaux ou un boisseau des terres qui font restées de la premiere lavûrequ’on a faite à la main.
Tout cela étant enfermé ensemble dans un envier, on tourne la mani-velle, qui donnant le mouvement à la piece superieure du moulin, agiteSc broie fortement les terres & le vif-argent, qui par ce mouvement attire