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ne fut distribuée & répandue dans le public que le 10 Décembre suivant jle peuple de Paris, animé par Marcel, Prévôt des Marchands, & par ceuxde fa faction , en fut très-mécontent, ainíì que dune diminution d’espèces quiavoir été ordonnée par Lettres du 1 5 Novembre 1356: le Prévôt des Mar-chands , accompagné d’un grand nombre d’habitans , alla trouver le Comted’Anjou , second fils du Roi , que le Duc de Normandie, qui étoit allé àMetz, avoir laissé son Lieutenant à Paris, Le lui dit que le peuple ne souf-friroit pas que cette nouvelle Monnoie eût cours ; le Comte d’Anjou promitd’en faire cesser la fabrication jusqu’à ce qu’il eût reçu les ordres de son frere :ainsi cette Monnoie n’eut plus de cours , & l’on ne garda pas les Ordonnancesfur le cours des autres Monnoies, qui continuèrent d’être prises fur l’ancienpied. Le Duc de Normandie revenu à Paris, consentit que la nouvelle Mon- tom ‘ ^.noie n eut point de cours. 1 *
Le Peuple continuoit aussi quelquefois à fe servir, au mépris des Ordon -nances, des Monnoies décriées, & il les confervoit dans le commerce pourun prix plus fort que celui que l’on en donnoit à la Monnoie , quelquefoisaussi il faifolt monter le prix de celles qui avoient cours,au-delà du prix portépar les Ordonnances.
On fe conformoit quelquefois dans les recettes royales à la volonté dupublic en cela, Sc fivns avoir égard aux prix fixés par les Mandcmens, on yrecevoir les espèces pour celui quelles avoient communément dans le com-merce. Les Monnoies étrangères étoient aussi reçues dans le commerce , malgréles défenses du Roi, & le Public seul en déterminoit le prix.
10 .Ainíì, indépendamment des Monnoies fausses, la France étoit rempliedune tres-grande quantité d especes de titre différent, & dont le prix dépen-doit uniquement de la volonté & du caprice du public, & peut-être encoreplus des manœuvres secrettes de ceux qui croient plus intelligens Sc plus finsque les autres dans le commerce de l’argent.
Ce fut inutilement que le Dauphin & le Roi Jean tâchèrent de réprimer cesabus par leurs Ordonnances : la preuve qu’elles furent mal observées , c’estqu’ils les renouvelleront très-fouvent.
n". La variation des Monnoies caufoit de grands dérangemens dans lespnyemens ; à mesure qu’elles baissoient , ou qu’elles haussoient, ceux quiavoient fait des marchés, ceux qui avoient prêté de l’argent, ceux qui endévoient, &c. foudroient des pertes, ou faisoient des gains, à proportion dece que l’argent valoit lorsqu’ils avoient contracté, & du prix qu’ils avoient àl’échéance du terme des payemens j ainsi, un homme qui , pour prêter 6livres avoir donné un marc d’argent qui valoit alors ce prix, perdoit la moitiéde ce qu’il avoir donné , íì on le payoit lorsque l’argent valoit 1 1 livres, carE ne lui lendoit qu’un demi-marc d’argent j mais auilì il gagnoit le double
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