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Première partie.
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P R E’ F A C E.

Apres avoir donné une idce de l’Ouvrage que nous présentons au Public,il est juste ste lui faire connoître celui à qui il en est redevable, quoiqu’il soit déjaconnu des Savans par le rang, que ses travaux littéraires lui ont mérité dans la Répu-blique des Lettres.

D. Maur ( François ) d’Antine Religieux Prêtre de la Congrégation de S. Maur,naquit le i Avril 1688 à Gonrieux, dans le Diocèse de Liège. L’innoccnce de sesmœurs, fa Religion , fa politesse , Sc sa douceur dans le commerce dc la vie ,nous font juger qu’il reçut de ses parens une excellente éducation. Nous en igno-rons le détail ; nous savons seulement qu’il fut envoyé à Douay, pour y faire soncours de Philosophie , qu’il commença par ce qu’on appelle dans le Pays la Diale-ctique. Cette route ne sembloit pas le conduire au genre detude qu’il em-brassa dans la fuite. Nous savons entendu plusieurs fois relever, par plaisan-terie , les avantages de la Dialectique , Sc se féliciter néanmoins dette: venuassez-tôt en France, pour y puiser dans des sources plus pures le goût des bonnesétudes Sc de la littérature.

Dégoûté du monde à l’âge de z 3 ans, il y renonça , pour se consacrer àDieu, sous la Réglé de saint Benoît, dans la Congrégation de saint Maur,Sc fit ses Vœux solemnels le 14 d’Août 1711, dans l’Abbaye de saint Luciende Beauvais. II se distingua par fa piété, par fa régularité, Sc par son appli-cation à letude. Les progrès qu’il y fit, furent tels que les Supérieurs le char-gèrent auffi-tôt qu’il eut fini son cours, d’enscigner la Philosophie dans l’Ab-baye de saint Nicaise de Reims. II s’acquita de cet emploi d'une maniéré,qui le fit également respecter 8c chérir de ses éleves. Mais ils n’eurent paslongtems l’avantage de profiter de ses leçons. Dès Tannée suivante il fut obli-gé de quitter Reims, pour un sujet qui fera toujours honneur à fa mémoire ,8c se rendit à Paris, par ordre des Supérieurs , qui connoissant ses talens,avoient dessein de l’occuper à quelque Ouvrage important. Celui des Décre-tales , interrompu par la mort de D. Constant Sc de D. Mopinot, lui fut proposé,il l'accepta ; mais quelques difficultés étant survenues, il quitta celui-ci pours’appliquer à un autre.

Depuis long-tcms, on avoir entrepris dans la Congrégation de saint Maur ,une nouvelle édition du Dictionnaire de M. Du Cange, avec beaucoup d’aug-mentations. Plusieurs Religieux y avoient travaillé successivement. Après lamort de D. Guenié , qui en avoir feulement conçu le dessein , D. NicolasToustain fut chargé en chef de son exécution. Celui-ci portant ses vues bienplus loin qu’on n avoit fait jusqu’alors, forma le plan , fur lequel ses successeursdirigèrent leurs travaux : il avança considérablement l’ouvrage des premiersVolumes, Sc laista d’cxcellens Manuscrits pour les suivans. D. Pelletier lui futassocié pendant une , ou deux années : la connoissance des Langues, fur tout del’ancien Celtique , dont il croyoit avoir découvert les racines dans les dialectesdu Bas-Breton, le rendoit très-propre a concourir à une entreprise , qui deman-doit une érudition fi diversifiée. Mais l’amour dc la Patrie lui ayant fait quitter