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Première partie.
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XXIV
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xxiv Dissertation sur les Dates

Tbiliss i XXIII , fcripta manu Ingelrani Carnotenfis Ecclefìa Decani & CancelLtrii. On ne peutpas dire , qu’Ingelran se soit trompé , en écrivant, sans y penser, Pajfionis , au lieu à'Incar-nations, puisque nous avons un Auteur du même siécle , qui dans son premier livre des Mi-racles de saint Aile Abbé de Rebais , prend aussi le mot de Pajfion pour celui à'Incarnation ,comme on peut le voir au second siécle des Saints de l’Ordre de saint Benoît pag. ; 26. Voiciles paroles de cet ancien Auteur : Roberto apud Mérovingien , qua alio nomitie dicitur Francia ,tenente jus regium , pojl mille a Pajfione Domini volumina annorum , ipfo millenarii impleti anno , &c.Voilà un Auteur contemporain, qui nous dit expressément, que le Roi Robert regnoit l anmil depuis la Passion, pojl mille à Pajfione Domini volumina annorum , ipfo millenarii impleti anno :or le Roi Robert ne regnoit point lan mil de la Passion proprement dite, puisqu’iî est morten 1031, & que l’an mil de la Passion proprement dite , de quelque mamere qu’on comptecette année, ne peut répondre à aucune année du Roi Robert ; mais seulement aux années1032, 1033 , ou 1034 ; ainsi l’année de la Passion dans le paíîage que nous venons derapporter , se prend pour celle de lìncarnation , comme dans la Charte du ComteTlubaud.

Un autre nom qu on'a encore donné à l’année de l’Incarnation , est celui de l’an de grâce,Annus gratta. Le premier exemple , que nous ayons remarqué de cer usage si commun dansles derniers tems , est de l’an 1132. C’est dans une Charte de Hugues Seigneur de Château-Neuf, imprimée tom. 4. du Spicilége pag. 261. Gervaisde Cantorberi, qui vivoit au com-mencement du troisième siécle , a suivi cet usage dans fa Chronique , qu’il commence ainsi :Anno igitur grattafecundùm Dionystum MC , fecundùm Evangelium vero MCXXII , sufcepit Henricusprimus mtnarchiam totius Anglia , &c. Voilà l’an de grâce bien marqué pour celui <ie l’Incar-nation. Mais ce qu’il y a de plus remarquable dans ce commencement de la Chroniquede Gervais, est la distinction que cet Auteur met entre les années de lìncarnation selonDenys le Petit, & les mêmes années selon l’Evangile. Il suppose donc que Denis le Petiten comptant les années de J. C. s’est trompé , & que selon la vérité de l’Evangile , il fautajouter vingt-deux ans entiers au calcul de Denys , pour trouver la véritable année de l'In-çarnation, Marianus Scotus a supposé la même chose dans fa Chronique, & c’est de-làque Gervais a puisé cette distinction, qui n’a point été inconnue, en Italie , comme nousle voyons par un Rescrit du Pape Urbain II, pour l’Abbaye de saint Miel. Voici la datede ce Rescrit rapporté en entier au sixième tome de la Diplomatique pag. 590. Data Lateranianno ab Incarnatione Domini fecundùm Dionystum milles mo nouages mo ociavo , fecundùm vero certio-rem Evattgelii probationein millefìmo centeftmo XXI , Indillione VI, Epacla XV ? Concurrente IIII.L’Indiction VI, l’Epacte XV , & le Concurrent IIII, sont unis avec Tannée 1098 , commeétant la premiere année de Henri Roi d’Angleterre. Cependant toutes ces dates , selon notremaniéré de compter les années de Jesus-Christ, ne peuvent convenir qu’à Tannée 1100,qui est véritablement la premiere année du régné de Henri. Ainsi le Pape Urbain tk leMoine Gervais s’accordent fur ce qu’ils disent de la maniéré de compter de Denys le Petit,qui n’est point distinguée de la nôtre , mais il y a une année de différence entre leur mamerede compter les années , qu’ils appellent selon la vérité de VEvangtle. Suivant la Chronique deGervais, pour trouver la véritable année de l’Incarnation , il ne faut ajouter que vingt-deuxans à notre Ere Chrétienne, ou au calcul de Denys le Petit ; suivant la date du Rescrit duPape Urbain , il faut en ajouter vingt-trois. Marianus Scotus dit comme Gervais, qu’il nefaut en ajouter que vingt-deux : ce qui nous fait conjecturer, que dans le Rescrit du Pape, ilfaut peut-être lire MCXX au lieu de MCXXI. Mais laissons cette distinction peu connue desannées de J. C. selon la vérité de TEvangile & selon Denys le Petit, pour parler d’une autreforte de date plus usitée , pour marquer Tannée de lìncarnation.

C’est celle d 'Anno Trabeationis Ckristi, qui se trouve dans plusieurs Chartes. M. DuCange dans son Glossaire Texplique Annus quo Chriftus trahi affixus est : Tannée que