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Tome second.
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LoS SYS

çois le goût pour le commerce général, Sc leur en donna l’intelligence : lesCompagnies des Indes Orientales Sc Occidentales furent tirées de leur lan-gueur , Sc un heureux hazard fit ouvrir dans ce même tems une nouvelle pers-pective pour l’augmentation du commerce & de la navigation ; c’étoit la Loui-siane ou le Milìillìpi, grande Sc vaste contrée de l’Amérique, qui tire son nomd u Fleuve qui l’arrose.

En 17175 I e gouvernement établit une compagnie de commerce, sous lenom de compagnie d’Occident, pour y porter son trafic , dont on espéroitun merveilleux succès. Si cette nouvelle branche du commerce eût été par lafuite ausli lucrative qu’on se le promettoit , c’eût été en effet un grand avan-tage pour la France ; mais pour le projet de M. Law , il fuffifoit que le Pu-blic en prît une haute idée ; c’est ce qui lui réussit au-delà de toute espérance ;la Nation mit une si grande confiance dans ces établissemens de commerce ;elle crut si bien que le Mississipi deviendroit un Pérou inépuisable de richesses,que Law pût donner à la compagnie des Indes une forme convenable , pouf-fer avec vigueur celle d’Occident , créer plusieurs fois des actions * pour cecommerce , faire prendre à ces actions une valeur idéale, vingt fois plus gran-de que n’avoit été la mise réelle , établir une banque avec un fonds considé-rable, payer par tous ces moyens 83 1 3 17971 livres de dettes effectives; ré-duire les autres dettes en fonds avantageux à FEtat ; ne laisser le Roi débi-teur que pour îc principal de 3 3 9000000 , qui étant fondues dans le com-merce dont il paye un intérêt modique à ses sujets, ne coûtent au denier cin-quante qu’environ six millions tk demi par an. Les actions qui dans leur ori-gine avoient coûté 500 livres, montèrent jusqu’à 9000 liv. en 1719 ; ccsespèces de miracles,opérées par M. Law, ont fait dire à M. de Voltaire enparlant de ce système, qu’on entendoit mieux le commerce en France depuisvingt ans, qu’on ne l’a connu depuis Pharamond jufqu’à Louis XIV : c’étoitauparavant un art caché. une espèce de chimie entre les mains de trois àquatre hommes qui faifoient en ester de l’or , & qui ne difoient pas leur se-cret : le gros de la Nation étoit dans une ignorance si profonde fur ce secretimportant, qu’il n’y avoir gueres de Ministre, ni de Juge qui sçut ce quec’étoit q ue des actions , des primes, le change , une dividence , &c. il asidluqu’un Ecolsois, nommé Jean Law, soit venu en France, Sc ait bouleversé touteleconomie de noue Gouvernement pour les instruire ; il osa dans le pins hor-rible dérangement de nos Finances, dans la disette la plus générale , ctablirune banque Sc une Compagnie des Indes ; c’étoit l’émctique à des malades,nous en primes trop, Sc nous eurnes des convulsions ; mais enfin des débrisde son système, il nous resta une Compagnie des Indes avec 50 millions de

* Il y avoir des actions mères, filles, petites fillçj, &c. & chaque création d'actions nou-velles produisoit des millions.