Essai sutïcs Monn.
Recueil des
Ordonnan-ces. Tome
I. p. 47 «-
tiarraut.
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pièces d'or, dont l'uns a pour légende ,
De fin or. suis un droit karat pesant.
Et la seconde,
D’o r. fin suis extrait DE ducats,
ET FUS FAIT PESANT TROIS KARATS.
La première pèse cent quatre-vingt-douze grains, ou la vingt-quatriémepar-tie dumarc, &c la seconde pèse cinq cens soixante-leize grains , ou la huitièmepartie d’un marc. Sur ce pied un karat par marc représente cent quatre-vingt-douze grains de poids, comme un trente-deuxiéme de karat représente sixgrains de poids ; & un denier de loi ou de fin représente trois cens quatre-vingt-quatre grains de poids, comme un grain de loi représente seize grainsde poids.
Cependant quand on lit dans les anciennes Ordonnances qu’on fera unetelle Monnoie d’or fin > il ne faut pas croire que ces espèces fuísent à vingt-quatre karats. L’or, à quelque titre qu’il fût alors , étoit presque toujours ap-pellé or fin , Le cette expression jette une rrès-grande obscurité sur les Moi*noies des douzième & treizième siécles , d’autant plus que souvent la valeurpour laquelle ces pièces dévoient être exposées, n’est point marquée dans lesLettres qui ordormenent des fabrications.
C’est ce que nous voyons clairement dans les Lettres de Philippe-ie-Bel,du l } Février 1310. liechin < 5 • Pierre feront une Monnoie d'or fin qui fiera ap-
pellée à l'aignel , & fiera ladite Monnoie de 58 deniers & un troifiéme au marcde Paris.
Lefidits Rechin & Pierre acheteront & donneront au marc d'or fin , au marcde Paris , en deniers durs à la majfie , ój livres 10 fols tournois.
An marc d'or fin en deniers à la Reine , 5 -j livres 1 2 fiais.
Au marc d'or fin de florins de Florence , & de deniers à la chaîne , S q livres1 5 fols.
A u marc d'or fin en or , en platte & en paillole , en deniers d'or à double croix6- au mantelet , 5 z livres 10 fols au marc de Paris.
C’est-à-dire, qu’ils dévoient payer du marc de deniers durs à la masse,57 livres 10 fols, dumarc de deniers à la Reine, 57 livres iz fols, du marcde florins , 34 livres 15 fols, 8c du marc de deniers à la double croix , 5 zlivres 10 fols. La différence entre les prix fait voir que ces espèces n’étoientpoint au me me titre, quoiqu’elles soient également nommées or fin.
Nous voyons par les anciens Réglemens, que le fin de l’or se divisoit envingt degrés , & celui de l'argent en dix. Chaque dégré se subdivisent en cin-quièmes, en dixièmes & en vingtièmes. C’est pour cela, selon Carrant, queles Orfèvres ont partagé l’once en vingt estellins. Le fin de l’or a été dans lafuite augmenté d’un cinquième , ôc proportionnément celui désargenta étéporté à douze deniers. En