M 0 R U 5, Mûrier. ' ij
C U L T U R E.
Les Mûriers s’accommodent affez bien de toutes sortes de ter-teins; néanmoins ils croissent beaucoup plus promptement dansles terres chaudes & légeres qui ont beaucoup de fond, à iisV réussissent mieux que dans les terres maigres ou froides & argil-euses. Bailleurs on prétend que dans les terres trop maigresla feuille y devient feche , & ne fournit pas assez de nourriturepour les vers à foie. On remarque encore que ces arbres fonttrès-vigoureux le long des ruisseaux remplis d'eau : mais on pré-tend que dans les terres humides & grasses , leurs feuilles for-ment une nourriture trop groíílere , peu favorable à la santédes vers & préjudiciable à la bonne qualité de la foie.
J’ai fait d’assez grandes plantations de Mûriers dans des terrestrès-íortes , ôt dans des terres légeres : les premiers poussentavec plus de vigueur, & ont leurs feuilles plus vertes. Mais cesarbres font encore trop jeunes pour que je puisse décider de ladifférente qualité de leurs feuilles d’après mon expérience. Jevois seulement dans un Mémoire que m a fourni M. du Vergerdu Mans, qui fuit depuis quinze ans, avec tout le foin &l’in-telligence possible, la culture des Mûriers, que dans le paysdu Maine, des Mûriers ont acquis en quinze ans vingt-un pou-ces de circonférence, au lieu que dans le mû me espace de tempsà dans le même terrein, des Ormes & des Noyers de mêmeâge avoient tout au plus quinze pouces.
On voit depuis long-temps des Mûriers noirs à gros fruit ,plantés dans les différentes Provinces de France ; mais on acru pendant long-temps que le Mûrier blanc ne pouvoir réussirque dans les climats chauds, tels que font l’Italie, 1 Espagne,la Provence, le Languedoc, le Piémont, &c. Suivant nos an-ciens Auteurs d’Agriculture, les Mûriers blancs ne fe sont éta-blis en France que sous le régné de Charles IX. Plusieurs Gen-tilshommes de Provence & de Dauphine, qui servoient en Sicile,frappés du produit de ces arbres pour la soie , en apportèrent lespremiers en France dans leurs terres , où ils réussirent aussibien qu’en Italie. Henri IV. persuadé de 1 avantage qui pourroiten revenir à son Royaume , ordonna la plantation des Mûriers;triais les feules Provinces du Languedoc, de. la Provence, duTome II, D