2.6 M 0 R U S y Mûrier.
Dauphine & du Vivarais, s’y soumirent; & qui ignore combiende richesses cet arbre a répandues dans ces Provinces !
Dans les Provinces moins tempérées, on en planta feule-ment quelques-uns par curiosité ; & ç’en étoit aísez pour prouverque cet arbre ne craint point les gelées. On en eut encore unepreuve plus forte par la réussite des Mûriers qui furent plantésdans les Jardins des Thuilleries & du Plessis-lez-Tours. Onrapporte encore que M. Colbert, frappé de la beauté de cesarbres , fit venir de Provence une famille entiere, pour ten-ter d’élever des vers à foie avec les feuilles de Mûrier blanc;& que Christophe Jouard, choisi pour cette opération, futsurpris de la beauté des arbres qu’il vit à Paris , & qu il fe pro-mit un heureux succès de l’entreprife à laquelle le Ministre s’in-téreífoit. Les tentatives furent des plus heureuses ; mais le Mi-nistre mourut, & le projet fut abandonné.
Il résulte toujours de ces faits, qui font rapportés par plu-sieurs Auteurs, que les Mûriers peuvent très-bien réussir dansdes climats aussi froids que les environs de Paris. Feu M. Orry,Controlleur généras , a favorisé la plantation des Mûriersblancs , dans la vue de multiplier en France P éducation desvers à foie : les Provinces de Touraine, de Poitou, du Maine& d’Anjou nous donnent des preuves récentes de la possibilitéqu il y a de les élever dans des climats aísez froids.
II y a plus on assure que les plantations de Mûriers onttrès-bien réussi en Irlande, & dans quelques Provinces d’Al-lemagne : il nous est venu du Canada des branches & des fruitsde Mûriers qui y croissent vers le haut du Fleuve Saint Lau-rent, près Montréal.
Enfin, depuis une quinzaine d’années, M. du Verger enéleve avec beaucoup de succès aux environs du Mans ; & nousdans les plaines des environs de Pethiviers, auffi-bien que furles rives de la forêt d’Orléans de ce même côté : nous en avonsune quarantaine d’assez gros, & qui viennent fort bien, dansîe parc de Denainvilliers près Pethiviers , ou nous les avonsplantés, il y a quinze ou dix-huit ans, au bord d’un taillis où ilsn’exigent plus aucune culture. Ainsi je puis, d’après nos pro-pres expériences ôc les Mémoires qui m’ont été fournis parM. du Verger , donner tous les éclaircissements qu’on peut dé-sirer fur la culture des Mûriers blancs»