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Tome second.
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M O R US, Mûrier. 39

J’ajouteraí ici une observation qtie m’a communiquée M.r Abbé Nollet dont on connoit l’exactitude dans l’examen desfaits physiques. En voyageant en Italie , il a remarqué qu enToscane , & sur-tout aux environs de Florence , les habitants ,avec moitié moins de Mûriers que n’en cultivent les Fié mourois,trouvoient le moyen , toutes proportions gardées , d’élever & denourrir le double de la. quantité de vers à foie. Ils observent pourcela, de ne faire éclorre leurs vers qu en deux temps différents.Les premiers vers étant éclos, se nourrissent de la premiere dé-pouille des Mûriers ; & lorsqu’ils ont produit leur foie , les ha-bitants font éclorre d'autres vers , qu ils nourrissent de la seconderécolte des mêmes arbres. II arrive quelquefois que la premierefamille de ces vers manque & qu’il faut avoir recours a unetroisième opération ; mais il faut pour cela obtenir la permissionexpresse du Ministre de 1 Empereur. Cette police ne s’exerce fansdoute que dans la vue de maintenir ie commerce de la foie, & nonPour ménager les Mûriers ; car ces habitans font obliges , fautede fourage , de nourrir leurs bestiaux de feuilles de toutes sortesd arbres & d’arbustes qu’ils mêlent avec quantité de feuilles deMûriers dont ces animaux font très-friands , & on leur donnede celles-ci tant que les arbres peuvent en fournir, fans crain-dre que les Mûriers ainsi dépouillés & exposés au soleil très-^rdent de ce pays en reçoivent le moindre dommage.

Si Pon fe propose de multiplier les Mûriers par marcottes,on choisit de jeunes & vigoureux Mûriers de la plus bellefeuille , plantés dans le meilleur terrein, & dont la tige aitprès de terre quatre ou cinq pouces de diamètre ; on coupeces arbres , qu on nomme Meres , à quatre pouces de terre.Ces souches poussent au printemps suivant quantité de bran-ches qu’on ménage soigneusement. Quand elles ont acquis unbon pied de hauteur, on transporte auprès de ces souches unequantité suffisante de bonne terre franche, dont on couvre lanaissance de toutes les jeunes branches, qu on étend de touscôtés en les retenant avec des piquets & des crochets de bois j& après avoir bien foulé la terre, on laisse ainsi ces Meres pen-dant deux ans. Dans la troisième année on déchausse la souche ,& ordinairement les jeunes branches ont assez pousse de racinesfour être mises en pépinière ; on est sûr par ce moyen d'ayoix