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Tome second.
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3 S M 0 R U S } Mûrier.

qualité. On remarque que quand les Mûriers font très-chargésde branches, leurs feuilles viennent très-petites & de mé-diocre qualité pour la nourriture des vers. C’est pourquoi lesPiémontois font dans l’ufage de diviser leurs Mûriers en trois,quatre ou cinq coupes ; & tous les ans ils en étêtent une.Au lieu de les étêter, on peut fe contenter de retrancher lesmenues branches, & de raccourcir les grosses, en retranchantcelles qui font mal placées.

On fait un tort considérable aux Mûriers, quand on leseffeuille trop jeunes pour en nourrir des vers. On peut bien ,fans inconvénient, retrancher à la serpette, ou avec le ciseau,toutes les branches mal placées qui fe trouvent aux palissades,aux arbres en buisson, & même dans les pépinières, pour lesdonner en bourgeon aux jeunes vers à la fin d'Avril ou aucommencement de Mai ; mais il ne faut ébroífer à la mainque les gros Mûriers replantés depuis huit à dix ans.

Le Mûrier blanc a beaucoup de feve dans les bons terreins;Lorsque les hyvers font doux, il ne perd ses feuilles qu'à lafin de Décembre. En 1750 l’hyver ayant été extrêmementdoux , & la terre fort humectée , ils montrèrent des feuillesde neuf à dix lignes de diamètre dès le mois de Février dansles terreins avancés. On crut devoir en profiter, & l’on fitéclorre des vers ; mais une gelée qui survint dans le moisd’Avril, détruisit toutes ces feuilles : les arbres en repoussèrentde nouvelles, qui furent encore perdues par une autre gelée quisurvint au commencement de Mai, laquelle fut assez vive pourendommager pareillement les pouffes des Chênes & des Or-mes. On ne put alors nourrir les vers éclos qu’avec des feuillesracornies qui fe trouvèrent à l’abri du nord ; ces vers souffrirentbeaucoup, & la plus grande partie mourut.

Cette observation prouve 1°. qu’il est toujours dangereux defaire éclorre trop tôt les vers, & qu'o n fera bien de ne comp-ter que fur les feuilles du commencement de Mai. 2 0 . Queles Mûriers font capables de grandes productions, puifqu’il yen a qui, après avoir perdu deux feuilles par la gelée, ontété dépouillés une troisième fois pour nourrir les vers, fansqu’ils aient paru en souffrir sensiblement. On croit communé-ment qu’il est avantageux de donner une année de repos auxarbres foibies.