1 ,4 S U B E R, Liège.
II faut sur-tout prendre garde de ne pas endommager unspeau fine qui est adhérente au corps de l’arbre : les Bayonnoisappellent cette peau le Lard ; c’est ce que l’on peut nommerLiber : cette peau produit le Liege ; si elle étoit enlevée , il ne-pourroit plus s’en former jufqu’à ce que ce Lard fe fût réta-bli ; mais pour cela il faut attendre plusieurs années.
On raccourcit ces planches de Liege à la longueur d’envi-ron quatre à cinq pieds ; puis on en coupe les bords avec uncouteau propre à cela, ôt on les gratte ensuite avec une es-pece de plaine semblable à celle dont se servent les Boiffeliers ,afin d’en fendre la superficie plus unie. Enfin on les flambeavec le mauvais Liege qu’on destine à brûler : on prétend quecette derniere opération resserre les pores du Liege, ôt con-tribue beaucoup à fa bonne qualité. On lave ensuite toutes lesplanches ; on les range de plat les unes fur les autres , puison les charge avec des pieces de bois ou avec des pierres pourles redresser.
On prépare quelquefois le Liege fans le faire passer par lefeu; on le met alors simplement tremper dans l’eau pour leredresser; mais ce Liege, qu’on appelle en cet état Liege blanc,est beaucoup moins estimé que celui que l’on nomme Liegenoir , à cause de la couleur que le feu du charbon a commu-niqué à sa superficie. Le Liege, pour être de bonne qualité,doit être souple, ployant sous le doigt, élastique, point ligneuxni poreux, ôt de couleur rougeâtre : celui dont la couleur tirefur le jaune est moins bon ; le blanc est de la plus mauvaisequalité.
Outre la consommation du Liege que l’on fait dans le Royau-me, on en envoye beaucoup en Hollande, en Angleterre ôídans les autres pays du Nord.
Le charbon du Liege broyé avec le Sain-do-ux, est recom-mandé pour les hémorroïdes : on est dans l’usage d’attacherdes colliers de Liege aux chiennes ôt aux autres animaux à quil’on veut faire perdre le lait.