TE RE BI NT H US , Térébinthe. ,,,
conduire à cette connoissance. Le premier qui se présentoiretoit de connoître combien il en sortoit de cette Isle dans lecourant d’une année ; parce que comme elle est assujettie à undroit de sortie, il étoit naturel d’avoir recours à la Douanepour fixer cette quantité ; mais j’ai trouvé que le Douanier neconserve point les registres des droits qu’il perçoit; il se con-tente de les écrire fur un cahier, qu’il renouvelle toutes lessemaines après avoir rendu compte de fa recette au Muffelina qui elle appartient depuis deux ans, & le Muffelin déchireces cahiers dès qu’il les a vérifiés. Je n’ai pu rien apprendrede certain des Marchands même que j’ai interrogés fur ce su-jet. Cependant, en faisant attention au petit nombre de Té-rébinthes qu’il y a dans le canton de l’Iíle qui leur est affecté,on peut juger que la quantité de résine qu’ils peuvent donner,doit à peine aller à deux milliers pesant, poids de marc: jecrois même évaluer trop ce produit ; car j’ai trouvé plusieurspersonnes qui la sixoient à treize cens pesant ou environ.Toute cette térébenthine, à peu de chose près, est envoyéepar les Marchands de Chio à leurs correspondants Grecs éta-blis à Venise, & delà elle est distribuée dans toute l’Europefous le nom de Térébenthine âe Venise. C’est avec raison qu’onlui a donné ce nom ; car alors elle est si fort sophistiquée,qu’il ne s’y trouve peut-être pas une vingtième partie de cellede Chio ; & il faut bien que cela soit, puisque je n’ai payécette térébenthine à Marseille que quinze fols la livre, dans1 année même qu’elle en valoit vingt-quatre à Chio. II est vraiqu’on y en vend aussi fous le nom de Térébenthine de Chio, que1 on nr’a fait payer vingt fols ; mais elle n’étoit différente de 'Celle de Venise , qu’en ce qu’elle étoit enfermée dans des potssemblables à ceux dont on se sert dans cette Ifle. On pour-rit dire que le prix n’est pas une preuve de la fraude que lesMarchands pratiquent, attendu que l’on voit souvent que la^ême marchandise est à Marseille à un prix bien au dessousde celui qu’elle a été achetée dans le pays étranger ; les cot-ons nous en fournissent journellement un exemple : un Né-gociant qui en a acheté au Levant pour trois cens pistoles ,s estime heureux , s’il peut revendre la même quantité à untlfi rs de perte à Marseille ; mais il est bon d’observer que cela
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