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Routede Parisau Havre.
Descriptiondu Havre ;
fondationde cette ville.
Voyage
Je partis cíe Paris le i 2 Mai 1767, avec M. rs Pingre,Messier, l’abbé cle Beaufumé notre aumônier, &Dezoteux Chirurgien-major du régiment du Roi : leciel fut pluvieux par un vent de sud-ouest. Nous arri-vâmes le même jour à Rouen : on fait que cette villeest une des plus grandes, des plus riches & des pluscommerçantes du Royaume, mais elle est mal bâtie& mal percée; presque toutes lés maisons font dehois; son pont de bateaux est une des merveilles dela France; il aborde en son port des Vaisseaux detoutes les nations de l'Furope: je n’en dirai pas davan-tage, cette ville étant assez connue d’ailleurs ; & de plus,nous n’y avons pas séjourné; j’y trouvai deux de mesamis, qui defiroient í’un & l'autre m'accompagner dansle voyage. Nous partîmes íe lendemain, de compagnie,le ciel donnoít encore de J a pluie par intervalles, levent venoit du sud-ouest, & les chemins étoient très-mauvais ; nous ne pûmes arriver au Havre que vers lescinq heures du soir; nous y étions attendus par lereste de notre compagnie, c’est-à-dire, par M. Ozanne,Ingénieur-géographe, constructeur de la Frégate, &à qui M. le Duc de Choifeul avoit donné permissiondevenir avec moi, M. Leroy & mon Secrétaire.
Le Havre-de-Grâce n'est pas une ville ancienne ; onsoupçonne même avec assez de fondement, que íeterrein que cette ville occupe maintenant, étoit il y aquelques cinq ou six siècles, enseveli fous les eaux.La mer s’étant retirée, les pêcheurs élevèrent quelques