Arrivéeà Roteixlam.
158 Voyage
nous allions fort à la bande, les canons de ílribord& de bâbord étoient alternativement plongés dansseau ; nous étions le 20, vers sept heures du matin,par les travers de l’embouchure de la Meuse, il falloitse résoudre ou à entrer dans cette rivière vers laquellele vent nous portoit, ou à louvoyer jusqu'au Texelpar une mer assez grosse : on m'engagea à prendrele premier parti; nous cinglâmes vers la Meuse, unpilote de la Brille vint sur notre bord, le sieur Deperrelui céda le timon , ôc nous arrivames vers neuf heuresdu matin vis-à-vis de la Brille.
Le sieur Deperre, dont je viens de parler, étoitun excellent pilote de Dunkerque Sc très-grand pra-ticien de toutes ces mers; M. Bernier, comme jel ai dit plus haut, me f avoit envoyé à Calais , je l'aigardé dans tout le voyage; je puis dire que par sonintelligence & son activité, il a dégagé plus d’une foisnotre Bâtiment de pas assez glissans. II y avoit eu unautre changement fur notre bord; M. de Guerchi,Colonel du régiment du Roi, avoit cru la présencede M. Dezoteux nécessaire à ce régiment, & lui avoiten conséquence signifié de ne pas nous accompagnerau-delà de Calais; j’avois pris à Dunkerque, pourChirurgien-major, M. Barré que M. Bernier m'avoitpareillement adressé , 6c qui vivoít à Gravelines, retirédu service.
Vis-à-vis de la Brille, le pilote Hollandois quinous avoit fait entrer dans la Meuse, nous quitta,