DE M. DE COU RTANVAU X. I 59& un autre piloíe se chargea de nous conduire àRoterdam. Nous mouillâmes vers 11 heures £ dansle canal même de la Meuse, presque vis-à-vis de lapartie orientale de Nim'e-Hooft , ou de la nouvellejetée *, sur cinq braises & demi d'eau; je ne cruspas devoir aller à terre, fans m'être abouché préala-blement avec l’Agent de la marine de France :M. Potin porte ce titre, mais c’est maintenant unvieillard octogénaire qui ne voit plus, & dont lesforces ne font plus ce qu'elles ont été. Les fonctionsde Consul'font exercées, à la satisfaction de tousles François qui fréquentent ce port, par M. Van-derhoewen de Tienoven ; il étoit alors absent, &ne devoit revenir que fort tard. II fut à peine deretour, qu'il vint me rendre visite, il me sit offrede son temps, de ses foins, de son crédit, en unmot, de tout ce qui pouvoit dépendre de lui : lecœur parloit, les effets ont pleinement répondu auxpromesses.
A 7 heures ^ du soir, le baromètre étoit à bord à28 pouces 1 ligne
Dès Feutrée de la Meuse , la Hollande nous avoitparu un pays charmant; la campagne aussi basse que
* Hooft, à proprement parler, signifie tête ou cap. Ce que l’onappelle de ce nonl à Roterdam > est une espèce de double jetée ,avec un canal au milieu; c’étoit ordinairement dans ce canal quenous mettions pied à terre. On peut, fi l’on veut, appeler ce lieu«n François, la nouvelle tête.
Vues de la;Hollande»