LA PROVINCE d’ADJMER.
ZZ6
Son circuit n’est pas fort grand. Elle est: aíïìfe en forme de demi-lune au piedd’unemontagne, fur un terrain sablonneux, stérile, dépourvu de sources *Sc de puits.
11 semble que le Roi de Marvar ait fixé à dessein fa résidence dans cette villeà cause de la disette d’eau, que son tire uniquement d’un puits fort haut & fortample qui forme comme un réservoir & qui a été taillé dans le roc avec un tra-vail étonnant & une grande dépense. Ce prince, dis-je, aura choiíi ici fa rési-dence afin qu’aucune armée ennemie ne puisse en approcher, encore moins l’in-veílir & l’assiéger : car le manque d’eau éloigne toute invasion ennemie.
La forteresse est assise fur une montagne unie au sommet &c pas fort haute.Elle fe présente très bien à l’œil ; munie de tout côté de murs, détours, de ba-stions. Son circuit est d’un mille d’Italie.
Le Roi lui-même y a établi fa demeure, & y tient une nombreuse garnisondistribuée fur les murs de la forteresse &c veillant à fa fureté. II a une autre rési-dence beaucoup plus agréable à 2 milles de la ville, appelée Mandât -, où il a cou-tume de fe transporter pour fa récréation.
Outre cela les murs & les tours de cette forteresse, étant construites de pierre& de plâtre, ont un degré de beauté & de solidité que l’on ne remarque pas dansd’autres forteresses.
Ce qui cependant étonne le plus, c’est de voir au sommet même, &. au mi-lieu de la forteresse, un temple mahométan, & un autre encore au centre de laville : ce qu’ordinairement les Indous ne permettent point dans les villes &c autresplaces de leur dépendance. Mais comme les Rois d q Marvar ont donné leurs fillesou leurs sœurs en mariage aux Souverains Mogols, soit de bon gré, soit forcéspar la crainte, soit engagés par l’elpérance d’acquérir des préfens & des dignités,on n’a pas lieu d’être tant surpris qu’ils ayent aussi permis d’élever des temples àEinfame Mahomet, dans leur ville & district, dissimulant combien cette con-struction leur étoit odieuse.
La