XII
PLAN D’ADMINISTRATION
Le moyen de parer à des inconvéniens qui intéressent de si près Phumâ-níté, de les prévenir même, seroit de former en France une sorte d’EducationNationale pour lìnde. Le Plan ne peut que paroitre grand, utile: les diffi-cultés, pour Inexécution, font celles qui accompagnent tout projet éloignédu cours ordinaire des choies. Mais rien ne doit arrêter, quand il est que-stion de rendre le nom François précieux aux Peuples de l’Asie, d’initier enquelque forte les Indiens â nosuíages, nos moeurs , enfin de lier ensembledes Nations que six mille lieues de distance sembloient avoir separées pourtoujours. ,
Tel est f objet pour lequel on propose de former un Etablissementd’Aides de langue pour lìnde j csest â dire, d’Eleves destinés à apprendre leslangues de cette Contrée.
Ce plan conçu fous les auípices de la liberté établie fur les deux mers,fi dans le vaste Continent de f Amérique, est indépendant des Religions, desopinions nationales. Il suppose le genre humain formant une grande famil-le, dont quelques branches, en s’écartant, se fixant en pays étranger, ontperdu le souvenir de leur filiation, la mécotinoiffent même. Quoi de plusbeau, que de se rapprocher d’cìles, de chercher à les entendre & de pouvoirleur dire, dans les traníports dffine tendre communication: nous sommesfreres; nos intérêts font les mêmes: la couleur est un vêtement étranger, ac-eestbire â la nature humaine: deux hommes, à Paris, à lípahan, à Dehli, enTartarie, dans lìnde, à la Chine, au coeur de f Afrique, de f Amérique,qui s’entendent, sont parensí
S’iì est une utilité dans les voyages, c’est fans' doute de faire difpa-roitre les différences que les préjugés de 1 éducation établissent entre les hom-mes, Sc de mettre en état de sentir les avantages que famé peut retirer d’uncommerce qui n’a de bornes que celle de i’Univers.
Tout