xviij PREFACE.
quelle entreprise effrayante que celle d’une Traduction dePline dans le siecle de la Philosophie, à Tépoqué la plusbrillante, peut-être, des progrès de i’eíprit humain! Cet ou-vrage íembloit demander d’abord une infinité de connoif-sances que réunifient peu de Gens de Lettres; & cependantle Traducteur de Pline, pour bien entendre fa languepour lui faire parler la nôtre, au moins fans le déshonorer >devoir être un homme de Lettres. Et que de difficultés en-core pour le Littérateur le plus versé dans l'usage des deuxlangues! Tacite, íî ferré, fi concis, qu il fait bien plusentendre de choses qu il n en exprime , Tacite n’approchepoint souvent du laconisme de Pline, qui quelquefois n aqu un trait, qu un mot pour faire entrevoir fa pensée. Uneautre difficulré bien vue par Dupinet, c est Tintelligenceexacte & précise des termes techniques ; car Pline parle plusd’un langage , celui de toutes les facultés & de tous les artsconnus de son tems (T).
M. de Lamoignon de Malesherbes, Premier Présidentde la Cour des Aides, qui joint aux qualités dont s’honorela plus haute Magistrature, héréditaires dans fa maison, legoût le plus éclairé, le plus constant, & le zele le plus ac-tif pour les Sciences & les Lettres, concut le premier, versTannée 17 J o , le projet d’une nouvelle édition & d’uneTraduction entiere de Pline. II excita plusieurs Savants a
(1) L’Académie des Sciences sem- & qui contient la nomenclature Scble avoir voulu prévenir cet inconvé- l’explication des termes propres à cha-ntent par la description des Arts , c un.dont elle est actuellement occupée