NOTES
SUR LE SECOND LIVRE DE PLINE,
PAR UN SAVANT ANONYME.
AVERTISSEMENT.
Ces Notes íe font trouvées parmi les matériaux acquis pos-térieurement à l’impression de ce premier volume. L’ Auteur deces remarques ne s’étant point fait connoître, òc ayant négligéde mettre son nom à son ouvrage, nous ne pouvons à cet égardsatisfaire la curiosité du Lecteur.
Chapitre XXX. Le soleil s* obs-curcit quelquefois j & ce manque de lu-mière efi très long & tient du prodige.II en souffrit un semblable d la mort deCésar & du tems de la guerre d’Antoine.Cet aftre fut alors d’une couleur pâlependant presque une année entiere.
M. Celsius tâche d’expliquer ce faitdans son Discours fur les changementsqui arrivent aux corps célestes. Cethabile Astronome prétend que íì lesoleil a été réellement obscurci, il afallu que le feu dent le corps de cetastre est pénétré fut prefqu’enticre-ment éteint, ou qu’il jettât une stgrande quantité de fumée qu’il enfût couvert. L’on ne doit pas êtreétonné, dit M. Celsius, de ce que lesoleil est depuis st long-tems dans uneinflammation actuelle, puisque noussavons que la terre a des volcans quijettent des flammes depuis deux milleans. Le soleil au reste n’est pas le seulastre qui souffre de semblables pertesde lumière. L’on fait, par les obser-
Tom. 1.
varions des Astronomes, que les étoi-les fixes font dans certains tems plusou moins lumineuses , quelles de-viennent même quelquefois invisiblespour quelque tems. On peut attribuerces variations dans leur lumière auxchangements qui arrivent dans la vio-lence & la vivacité du feu qui formeces globes célestes. Les Anciens, dontla Physique étoit plus simple & moinsrecherchée, attribuoient ces longsobscurcissements du soleil à des nua-ges épais impénétrables à ses rayons.Cette cause peut bien suffire dès qu’ilne s’agit que d’expliquer des obscur-cissements de quelques jours, commecelui dont Pline parle an chapitre i zde ce livre, & qui arriva fous l’em-pire de Vespasien & de Tire. Le soleil& la lune ne parurent point alors pen-dant l’espace de douze jours. Sousl’empire d’Irené il y en eut un àpeu - près de cette longueur. Souscelui de Léon IV le soleil perdit ainsifa clarté pendant dix - sept jours, &,
C c c