histoire NATURELLE, LIy, II.
De fin mouvement,
Le lever Sc le coucher du jour prouvent évidemment quecette machine sphérique, éternellement agissante, fait, par uneinexprimable célérité, sa révolution en vingt-quatreheures ( i ). Jeréassurerai pas aisément s’il est vrai que cette grande masse, ani-mée d’une rotation perpétuelle, rende, en roulant, un son qui doitêtre immense, Sc qui, par son immensté même, excede la por-tée de notre entendement (2). II en faut dire autantdes conjec-tures que l’on fait fur le retentissement attribué aux astres dans leursgrandes &c moyennes circonvolutions: Sc j’aurois peine à dire stce bruit est en effet un concert , une harmonie (3) auffi doucequ’incroyable. Quant à nous, qui sommes placés au centre (4), lemonde tourne autour de nous jour Sc nuit, fans que cette granderévolution frappe aucunement notre oreille.
Au reste le Monde (5) porte l’empreinte d’une incroyable quan-tité d’animaux, ôcde toutes les choses imaginables, Sc n est nul-lement semblable aux œufs des oiseaux (6), qui n ont rien de re-commandable qu’une enveloppe polie & lisse, & d’une uniformitémonotone. Auffi de très célébrés Auteurs de systèmes physiquesl’ont-iis appeilé tendre (7) : Sc cette opinion se prouve sans peine,
agissent principalement sur les parois,fur les recoins, & par conséquent surles extrémités de chaque lieu. Les mi-lieux font donc en général commesourds & inhabiles à conserver l’im-preilìon sonore, quoiqu’ils soient pro-pres à la transmettre plus loin. C’estfur ce principe, que font construitescertaines parties d édifices ou Ion en-tend d assez loin ce qu’on ne sauroitentendre de tour près. Pline dit doncque la terre, étant au milieu du mon-de > est située dans le lieu le moins pro-pre a réfléchir le son que doit rendre,selon Pythagore, le mouvement desastres.
Tome I,
(5 ) Monde est mis ici pour ciel : c’est.une expression familière à Pline.
(6) C’est Platon que notre Áuteusveut contredire en cet endroit; carce grand homme compare en effet i’en-veloppe du monde au tiflu dur, poli,& sans inégalité sensible, qui couvreles œufs des oiseaux, encore qu’il re-connoifle ailleurs que l’univers n’ad’autres bornes que l'immensité.
(7) Tendre , c’est-à-dire, suscepti-ble de diverses empreintes, commela cire & les autres corps mois. Aris-tote n’étoit point de cet avis j car ilcroyois les cieux d’eflènce dure : c’estpourquoi st les supposoit de crystal
* B