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Tome premier.
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z 8 NATURALIS HISTORIA LIB. II.

quidam Herculis vocant , ignei , ardentis à solis vicinitate,binis fere annis converti : ideoque hujus ardore nimio, &rigore Saturni, interjectum ambobus, ex utroque tempe-rari Jovem , salutaremque fieri. Deinde solis meatum eííèpartium quidem trecentarum sexaginta : sed ut observatioumbrarum ejus redeat ad notas, quinos annis dies adjici,superque quartam partem diei. Quam ob causam quintoanno unus intercalaris dies additur, ut temporum ratio fa-

toutes quatre dans le ciel à des distan-ces égales. Tantôt, quand deux se le-vent, deux autres se couchent. Enfin,il ne se passe point de jour quelles nes’éclipsent, ou quellesn’éclipsent Ju-piter, ou quelles n'en soient éclip-sées : ce dernier genre d’éclipses estcelui dont les Astronomes tirent leplus de parti. Il paroît fur la surfacede Jupiter comme des bandes quel’on distingue par différents degrés declarté ou cl’obscurité. Tantôt ces ban-des s’étréciífent, tantôt elles s’élargis-sent. Elles s’interrompent, & se réu-nifient ensuite. II s’en forme de nou-velles , & il s’en efface : au reste ,tous ces changements ne font sensi-bles qu’à l’aide des meilleures lunet-tes. M. de Fontenelle regarde les ban-des obscures comme des mers insta-bles qui se répandent en torrents furles terres, & les font succeffivementparoître & disparaître. Mais ce systè-me est—il recevable ? Ces bandes ap-parentes ne seroient-elles pas plutôtformées par les diverses réflexions delumière que Jupiter nous renvoie se-lon la diversité de ses surfaces ? Cetteconjecture, qui m’est propre, nest-elle pas en quelque forte confirméepar cette longue lumière qui fut ap-

perçu dans Jupiter vers le milieu du.dernier siécle , 8 c que quelques Astro-nomes prirent sérieusement pour unerégion embrasée , sans réfléchir quec’étoit pendant les journées de Jupi-ter que cette lumière s’appercevoit ;& qu’un incendie pendant le jour nese distingue pas par l’éclat des flam-mes , mais au contraire par l’épaif-seur de la fumée. Au lieu qu’il esttrès naturel de penser que cette lu-mière , plus éclatante que le reste deJupiter,ait été l’effet local dune plus

s cande réflexion de lumière. D’ail-eurs le passage fréquent de sombredes satellites fur cette même planète,ne pourroit-il pas entrer pour quelquechose dans le déplacement & la varia-tion des bandes de lumière & d’ombredont Jupiter nous offre le phéno-mène ?

( 1 1) C’étoient les Egyptiens qui ap-pelloient Hercule la planète que nousappelions Mars. Après tout, ce fontdeux noms en quelque forte synony-mes , puisque Mars n’est pas moinsqu Hercule le dieu de la force. Le si-gne abrégé par lequel les Astronomesdésignent la planète de Mars , ainsique les Chymistes le fer, est celui-ci cf,c’est-à-dire un bout de lance qui dé-