I
histoire naturelle, EIV. II. Pj
vue, il a découvert les dimensions des trois plus grandes choses ( i)qui soient dans la Nature. En effet, comment se pourroit-il que ledisque du soleil ne fût pas totalement éclipsé par la lune fila luneísétóit pas moins grande (:?.) que la terre? L’ une Le l’autre nous fer-vent àconnoítre plus sûrement ( 3 ) Pimmensité du soleil ; car pour nepoint juger de son excessive grandeur parle simple témoignage de nosyeux, quand nous les portons fur lui, ou par le calcul toujours con-jectural de l’imagination ; les arbres plantés le long des routes (4) pen-dant plusieurs milles de distance, vous présenteront constammentdes ombres de même grandeur, comme si le soleil n’étoit pas pluséloigné à P égard des derniers arbres qu’à l’égard des premiers (5).L’équinoxe nous donne aussi la même chose à penser, d’autant quedurant cette époque les peuples qui habitentles contrées du Midi onttous à la fois le soleil vertical (.6), tandis que dans cette même épo-que tous les peuples qui habitent en-deçà du cercle du solstice,Voient tous à la fois leur ombre tomber au Septentrion a l’heure demidi, ÒC vers le Couchant quand le jour se leve; ce qui ne pour-roit arriver si le soleil n’étoit plus grand que la terre. Le mont (7)ïda sc joint à ces preuves, lui que le soleil, en se levant, excede
verticale dans tous les climats , ni entoute saison, comme Pline lui-mêmeva l’observer.
( 6 ) Quand le soleil est vertical,-c’est-à-dire directement au-dessiis denotre tête , il ne produit aucune om-bre que celle qui se dérobe fous nospieds. C’est ce qui arrive à midi durantréquinoxe , dans toute Fétenduedelaligne, si loin qu’elle s’étende j d’oùPline conclud que la grandeur du so-leil est immense. Cette immensité apourtant des bornes., que le calculhardi des Modernes a fixées. La cir-conférence du soleil est cent fois plusgrande que celle de la terre ; or la terrea un peu moins de neuf mille lieuesde circonférence. La cijçgnférence duJqm, I,
soleil comprend donc i-peu-près centfois neuf mille lieues.
(7^ C’est du mont Ida de Crete qu ilest ici question, si l’on consulte Solin 3& du mont Ida de Troade, si l’on aégard à ce qu’écrit Pomponius Mêla.Áu surplus, c’est-là une exagérationfort éloignée de la vérité. Pour voir lesoleil déborder à droite & à gaucheune montagne telle que l’un ou l’autreIda, il faudroit être à des milliers delieues, c’est-à-dire à une distance quine permettroit deji plus de voir cesmontagnes, vu la courbure du globequi s’éleveroit entre elles Sc nous.Quand le soleil est derriere une mon-tagne , il est donc impossible de voir leçorps de cet astre. Mais il est très-pos.