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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, u IV. II. 183

C’est un heureux présage quand, il tonne à gauche , par la raisonque la gauche (2) du monde est l’Orient. On s’attache moins àobserver la maniéré dont tombe la foudre, que celle dont elle sereleve : on a égard s le feu est: réfléchi du coup, ou s’il ne se re-levé qu’une seule vapeur après que le feu a produit tout son ester,& s’est amorti lui-même. Pour cet estet, les Toscans ont divisé leciel en seize aspects: d’abord en quatre principaux ; savoir i°. de-puis le Septentrion jusqu’au lever équinoxial; i°. de-là jusqu’auMidi; 3 0 . de-là jusqu’au coucher équinoxial ; 4 0 . tout ce qui estcompris entre le Couchant & le Septentrion. Ensuite ils ont sub-divisé chacun de ces aspects en quatre autres, dont huit situés àrOrient occupent la gauche du monde, & les huit autres à l’op-posite occupent la droite. De ces aspects, les plus fâcheux fontceux fur-tout qui avoisinent le plus le Septentrion du côté duCouchant. C’est pourquoi une distinction effentielle à faire, c’estd’où partent les foudres , &c où elles s’en retournent. Le meil-leur présage, c’est quand elles s’en retournent par l’Orient : ainsiquand elles viennent de cette partie primitive du ciel, & q u’el-les s’en retournent auffi par cette même voie, c’est la marque d’unesouveraine félicité, & telle fut celle qui servit de présage a u Dic-tateur Sylla , comme l'Histoire le rapporte.

Les augures qui se prennent de la foudre, dans toutes les autresparties du monde, tirent beaucoup moins à conséquence, tant enbonne qu’en mauvaise part. On pense qu’il y a certaines foudresqu’il n’est pas permis d’interpréter à d’autres, ni de leur entendreinterpréter, si ce n’est entre parents ou hôtes. Mais la vanité decette superstition se fit bien voir à Rome lorsque le tonnerre tomba,sur le Temple de Junon sous le Consulat de Scaurus , puisque celan’empêcha point qu’il nè fût bien-tôt aptes déclaré Prince du Sé-nat. Quelquefois il éclaire fans tonner; ce qui arrive plus souventde nuit que de jour. Entre tous les animaux, l’homme est le seulqui, frappé de la foudre, n’en meure pas toujours : tous les au-tres anirrçaux expirent fur le coup. C’est une prérogative que la.Nature donne à l’eípece humaine fur celle des bêtes , encore que k