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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, Liv.

i i. 2.Or

AíTurément, s’il y avoir un enfer, les fouilles réitérées de l’a-varice & du luxe, l’eusscnt découvert il y a long-tems & nousnous étonnons si, parmi les productions de la Terre, il y en a quel-ques-unes qui nous nuisent ? Je crois bien que les bêtes férocesservent à sa garde, & écartent d’elle les mains sacrilèges. Eh !quoi ? nous allons bien fouiller son sein parmi les serpents qu’ellerenferme, &: suivre une veine d’or .parmi des racines empoison-nées. Cependant qui n’admireroit son indulgence? après que parune fuite nécessaire de f opulence, qui conduit toujours aux cri-mes, aux assassinats, aux guerres, nous f avons arrosée de notre sang,& couvert sa surface de nos ossements privés de sépulture; alors,comme si elle se reprochoit nos fureurs, elle se couvre elle-mêmepeu-à-peu d’une superficie nouvelle qui ensevelit. jusqu au sou-venir de n os crimes. Une autre marque assez évidente de notreingratitude envers elle, c’est que nous sommes encore à connoitrefa nature.

De la forme de la Terre.

L a figure de la terre est de la plus (i) noble espece : c’estsur quoi tous les avis font d’accord ; car* nous disons sorbe ter-restre, ôc nous convenons que tout ce qui est renfermé entre sesdeux pôles (2) est un globe véritable. Cette rondeur n'est cepen-dant pas absolue, comme on en peut juger par tant de monta-gnes si hautes à l’égard des plaines, ôí tant de plaines si basses àl’égard des montagnes (3) : mais elle est telle, qu’elle vous pa-roîtra absolue si vous supposez une ligne courbe qui termine le splus longs rayons tirés du centre de la terre à fa superficie. Lanature même des choses veut que cela soit ainsi, mais non paspar les mêmes raisons que nous avons rapportées en parlant du

vers les pôles qu à l’équateur ; & j’a-voue que je fuis entierement de l’o-pinion de ces derniers : sentiment queje me propose de justifier ailleurs par

des raisons détaillées , qui trouverontmieux leur place dans un traité parti-culier que dans le commentaire ac-tuel.

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