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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, L I y. II. Z 0 J

à expliquer comment sa totalité forme un globe, vu la coupe ap-planie de la mer èc des campagnes. Cette contradiction avoitfrappé Dicaearque (r), cet homme instruit s’il en fut jamais, qui,par ordre exprès de plusieurs Rois , ayant mesuré toutes lesmontagnes (3) du monde connu, écrit que Pélion, la plus hautede toutes, prise perpendiculairement, n’a que mille deux centscinquante pas; & il observe que cette élévationn’est qu’unpointinsensible, comparée à la rondeur de la terre.

J’avoue que cette supposition ne me paroît pas bien certaine,n’ignorant pas que plusieurs pointes des Alpes, durant un long tra-jet , s’éleventpour le moins à cinquante mille pas (4) de hauteur»Mais il faut sur-tout se débattre avec le vulgaire lorsqu’on veut luifaire entendre que seau même a une figure sphérique. Cependantrien au monde n’est plus avéré ; car les moindres gouttes, quel-que part qu’elles soient suspendues, tendent à une figure ronde; sielles viennent à être reçues fur la poussière ou fur le duvet d’unefeuille cotonneuse, elles nous montrent une rondeur parfaite. Nousvoyons auílì que dans un vase plein d’eau, le milieu est plus élevéque les bords. Mais à cause de la subtilité & de la molle consistancedes parties du liquide, ceci est plus sensible à notre raison qu’à nossens. Un phénomène plus étonnant encore que nous présente unvase rempli d’eau, c’est que pour si peu de gouttes que vous yajoutiez, il regorgera, &L s’écoulera par les bords; au lieu qu’ilsoutiendra, sans s’épancher , jusqu’à vingt deniers de fuite dontvous le surchargerez en ce même état. La raison du premier fait,est que ce qui entre dans la capacité du vaíe éleve d’autantle comble

appelle Chìmbo-raco. Elle fait partiede la Cordillère des Andes au Pérou.On la volt encore à plus de soixantelieues de distance. Elle a trois milledeux cents vingt toises au - dessus duniveau de la mer. Pour le Pic de Te-neris , dans 1 une des Canaries enAstique , on l’apperçoit en mer de

cent lieues, d’où quelques Geometresavoient conclu, selon le P. Hardouin,qu’il a pour le moins huit milles de hauten ligne perpendiculaire. Cependantun Savant, dont les lumières ne ms >font point suspectes , me mande qu iìest de fait que le Pic deTenenf n a quedeux mille deux cents treize toises*