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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, I I y. II. L J 3

son sein des torrents de feux (1) & des sources bouillantes (3), tan-dis qu’elle détournera ailleurs le cours d’une riviere (4). Ces ac-cidents font précédés & accompagnés d’un bruit terrible, tantôtsemblable à des mugiíTemements (5), tantôt à des cris humains,tantôt à un cliquetis d’armes qui s’entrechoquent, selon la qua-lité des matières, la forme des souterrains, Lc les détours des ca-vernes où ce bruit se forme ; car ce murmure sera grêle s’il paíTepar un lieu étroit, rauque s’il traverse des lieux recourbés , re-tentissant s’il frappe fur des parois dures, frémissant s’il rencontredes parties humides , vague Sc flottant s’il frise une eau dor-mante , & formant de longues tenues s’il porte fur des matières so-lides. Quelquefois auffi il arrive qu’on entende ces bruits fansqu’il s’enfuive aucun tremblement ; mais toutes les fois que laterre est: ébranlée, elle J’est doublement, je veux dire qu’elîeéprouve à la fois un tremblement St une secousse. Des ouverturesqui se font dans la terre par la violence des secousses, les unesrestent à découvert, & laissent voir au fond d’un vaste abîme cequ’elles ont englouti; les autres se referment, la plaie se cicatrise,&C il se reproduit au-dessus un nouveau sol ( 6 ), qui dérobe insen-

refroidit une source chaude. En 1660,de grandes secousses ayant agité toutle pays situé entre Bordeaux & les Py-rénées, la plupart des sources chaudes& des environs perdirent momenta-nément leur chaleur & leur vertu.

(4) Comme il arriva au Rhône,lorsque se trouvant bouché par lamontagne quun tremblement deterre y fie tomber en 5 77, ses eauxs’accrurent au point de passer par-dessus les murs de Genève, ainsi queje lai observé ci-dessus.

(5) On entendit pendant deux moisconsécutifs des mugissements dans lamontagne que le tremblement de£77 fit écrouler dans le Rhône, com-

me on l’a vu plus haut dans l’énumé-ration.

( 6 ) Notre Auteur veut parler de cescroûtes épaisses que forment les tor-rents de bitume , de pierres-ponces &de cendres, & de ces fleuves entiersd’un cristal en fusion qui sortent desvolcans, & qui en se refroidissant,acquièrent la dureté de la pierre & dticaillou. Tous les environs du Vésuveprésentent cet effrayant tableau. LeThéâtre d’Herculanum est couvertd’une croûte de ces matières de qua-tre-vingt-quatre palmes Napolitainesde hauteur, & la ville est pareillementcouverte du côté de la mer d’une massede cent vingt palmes. (La palme N*-