HISTOIRE NATURELLE, LI V. II. LA I
la lettre toutes ces époques dont je parle ; car elles font tou-tes un peu anticipées : par exemple, quand j’ai parlé des maréesde la nouvelle ou de la pleine lune, il faut entendre les premiersjours suivants. Je n’ai pas non plus prétendu que la marée mon-tât précisément quand la lune íe leve, ou se couche, ni qu’ellebaissât à point nommé avec la lune quand cette planète a passé lemilieu de l’un ou l’autre horison , mais environ deux heures équi-noxiales plus tard j les effets produits ici bas par les émanationsdes différents corps célestes , étant toujours beaucoup plus tardifsque leur apparition, comme on en peut juger par l’intervalle detems qui se remarque entre l’éclair, la détonation, & la chiitemême de la foudre.
Les marées de l’Océan font beaucoup plus considérables quecelles des autres mers , & couvrent beaucoup plus de terrei n ;soit parceque la mer , dans fa totalité , a une impétuosité plusgrande que dans ses moindres parties, íoit parceque l’Océan ,étant plus à découvert de toutes parts, donne plus de prise à lapression de l’astre qui s’y déploie toute entiere ; an lieu qu’elle estgênée par les bornes étroites qui circonscrivent les mers intérieu-res : c’est pourquoi les lacs ni les rivières n’éprouvent point ce mou-vement d’action &C de réaction hors d’eux mêmes. Pytheas deMarseille assure que le stot, au-dessus de l’Isle de Bretagne , monteâ la hauteur de quatre-vingts coudées (3). Ce qui réprime le dotdans les mers intérieures , ce font les terres qui les environnent,comme feroit un vaste port. Cependant en certains endroits oùces mers font plus spacieuses , le flot y reprend ses droits; commeì’éprouvent ceux , eìitr’autres, qui vont d’Italie à Utique (4) : car,au bout de trois jours de navigation , ils rencontrent une maréeconsidérable , dans le tems même où l’air est le plus calme. Cetteimpulsion du îlot se fait plus sentir fur le rivage qu’en haute mer-de même que le jeu des aneres (5), Lc ce que nous appelions lepouls, c’est-à-dire faction des esprits vitaux, se fait particulière-ment remarquer aux extrémités du corps.
Cependant il y a certaines plages où les marées fe font dissé-
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