Band 
Tome premier.
Seite
354
JPEG-Download
 

354 Remarques de M. Bouguer

jamais que des parties de trois diffé-rentes especes dans l’atmosphère : r",l’air pur : 2 0 . des vapeurs qui ne fontautre chose que des molécules d’eau,qui peuvent former des nuages parleur réunion : Sc 3 des exhalaisonsqui s’élevent des substances terrestresdifférentes db l’eau , Sc entre lesquel-les il y en a de combustibles , & quis’enflamment en se mêlant. Lorsquel’air est absolument pur , il ne peutformer que du vent 3 c est assez pourcela , comme nous savons dit plushaut, qu’il se trouve trop compriméen quelque endroit. Deux couransd’air peuvent se rencontrer ensuite,& des deux il en naîtra un troisième,qui sera souvent beaucoup plus ra-pide que les deux premiers à causede la grande compression faite dans lepoint de concours. Si la vitesse estportée aífez loin pour former une tem-

Í >cte ou un ouragan, on verra souvente ciel en feu , quoiqu’il n’y ait pointde tonnerre : un vent extrêmement im-pétueux , Sc d’une grande étendue,peut toujours rassembler une certainequantité d’exhalaisons qui prennentfeu en se mêlant 3 mais comme ellesfont épaisses , & que nul obstacle neles empêche de s’étendre loissqu’elless’enflamment, elles ne font pas capa-bles de produire cette commotion,qui fait un des caractères de la foudre& du tonnerre. L’ouragan ou la tem-pête ne font donc que de l’air mû avecune extrême violence 3 fans doute quece mouvement doit son origine à desvapeurs & à des exhalaisons rassem-blees ailleurs 3 mais dans le lieu mê-me où l’on essuie la tempête , elles n yjouent presqu’aucun rôle. Tels fontces coups de vents terribles qui cou-vrent nos côtes de débris de vaisseaux,Sc qui font même périr les navires enpleine mer.

L’orage est en cela différent de la

tempête simple 3 le vent entraîne pen-dant forage des vapeurs Sc des exha-laisons , & il se fait dans Fatmospheredes inflammations semblables à cel-les qu on imite dans le laboratoire desChymistes. Avant même que les ma-tières sulphureuses prennent feu , onressentira une chaleur étouffante , oul’on s’appercevra que l’air est moinspropre à la respiration. II faudra pourque Fatmosphere se purge , ou se dé-barrasse de routes ces matières étran-gères , quelles s’enflamment dans lelieu qui en est le plus chargé. Cet ef-fet n’auracependantgueres lieu, si lecourant d’air qui transporte les 'va-peurs Sc les exhalaisons, est uniforme& ne rencontre pas un vent contraire 3c’estdans ce dernier cas que les exha-laisons s’accumulent, Sc alors la pluieest infaillible , de même que le ton-nerre.

Page 170, Chap. XLIX. Et in lon~gam veluti fifiulam nubes aquam trahit.C’est ce qu’on appelle Typhons Pu~chats , ou Trombes , qu’on volt sou-vent en pleine mer. Une grosse co-lonne qui paroît creuse porte , ce sem-ble , Feau de la mer, jusqu a un nuageordinairement fort obscur qui est audessus 3 mais il y a tout lieu de penserque ce n’est qu’une simple apparence ,au moins quant à Félévation de Feau.Le concours de deux vents directe-ment opposés paroît absolument né-cessaire pour la production de ce météo-re 3 mais si les deux vents font un tour-billon , Sc s’il étoit possible que l’airne fût pas très comprimé dans le mi-lieu , Sc qu’il y restât du vuide , l’eaude lamer n’y pourroit toujours monterqu’à la hauteur de trente-deux pieds,comme dans les pompes aspirantes ,& il seroit bien plus facile aux vapeursqui forment le nuage d’en haut , dedescendre pour occuper l’intérieur dutourbillon. Si Feau montoit, comme