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Tome premier.
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3 5 8 Remarques de M. Bouguer

lement de Provence, examina la choseen Physicien j & il reconnut que lesprétendues gouttes de sang qu on re-in arquoit à la campagne sur les mu-railles croient des taches qu’y avoientlaissées certains papillons en quittantleur forme de chrysalides.

Page r 86, Chap. LVI. Item ferropluisse . effigies qu > pluerat spon-

giarum ferè Jimilis fuit S’il fait unvent très fort pendant l’éruption d’unvolcan, & lorsqu’il jette des pierresponces & des scories, elles pourrontêtre portées fort loin & dans des en-droits où on ha aucune connoissancede l’éruption. On trouve dans la Cor-deliere du Pérou des pierres brûlées &une espece de mâchefer dans les dé-serts & fur presque toutes les monta-gnes , fur celles même qu’on ne soup-çonne pas d’avoir été jamais volcan.

Page 190, Chap. CVIII. Decideretamen vulgò lapides non erit dubium.La premiere éruption d’un volcan sefait ordinairement avec beaucoup plusde fracas que ses autres incendies , &il peut lancer alors de très grosses pier-res à plusieurs lieues de distance. Onen voir au Pérou qui ont sept à huitpieds de diametre , & qui ont été lan-cées plus de quatre ou cinq lieues loin.On ne,peut pas douter de la traditiondes Péruviens fur ce sujet 5 car outreque la même chose se répete très sou-vent , on volt des traînées de ces pier-res qui marquent les bouches d’oùelles font sorties. Ces sortes de faitspeuvent être défigurés aisément dansles tems postérieurs par l’ignorance oula superstition des peuples. Bodin faitmention dune pierre qui tomba, à ce.qu il çroit, du ciel, & qui pefoit centvingt livres. Mais il faut fans douteen porter le même jugement qued’une autre dont parle Gassendi, quine pefoit que cinquante-quatre livres,§ç qui tomba le 29 Novembre 16175

avec des circonstances qui prouventtoutes quelle avoit été jettéepar quel-que volcan situé dans les montagnesvoisines.

Page 192, Chap. LIX. Colorumqutvarietatem mixturâ nubium 3 aëris 3igniumque fieri. Les rayons du soleilqui donnent fur une nuée ne produi-sent point d’arc-en- ciel ; ils ne peu-vent former tout au plus que ces cou-ronnes ou auréoles que les Académi-ciens qui ont fait le voyage du Pérouont vu plusieurs fois autour de la têtede leur ombre lorsque cette ombretomboit íur un nuage. Pour donnerlieu à l’arc-en-ciel, il faut absolumentde la pluie, & que le soleil luise ducôté opposé. Cet astre se peint dans lefond de tontes les gouttes de pluiequi font dans une certaine situationpar rapport à lui & par rapport auspectateur, & toutes ces images en sejoignant forment l’arc-en-ciel. M.Descartes avoit parfaitement bienmontré pourquoi les arcs-en-cielétoient circulaires, & pourquoi ilsavoient une certaine grandeur, l’arc-en-ciel intérieur un semi-cliametred’environ quarante-un dégrés trenteminutes , & l’arc-en-ciel extérieur unsemi-diametre de cinquante-deux dé-rgrés. Son explication pouvoir s'éten-dre aux autres arcs-en-ciel qu’on voitquelquefois, mais qui ne paraissentque rarement, & qui font très foibles.Mais il lui manquoit à connoître lanature des couleurs en tant quellesfont transmises par des rayons spécifi-ques, & il n’expliquoinpas bien, parexemple, pourquoi le rouge est en-»dehors dans l’arc-en-ciel intérieur, ZLen-dedans dans l’extérieur. C’est à M.Newton que nous avons obligationd’une explication complete fur tousces points ; il a fait voir que chaquerayon ne transmet qu’une couleur quilui est propre, 3 e il n’a laissé aucune.