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Tome premier.
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3 9 2 Notes d’un Savant Anonyme

gétatix que le topinambour ressem-bloit en cela au soleil commun. Laréglé générale de M. Linmeus regardeainsi les yeux de bœuf, les chrysàn-themem , les paquettes , les bìdens ,les obeliscotheca où je l’ai en particu-lier reconnu, ausiì - bien que danstoutes les autres, dans plusieurs des-quelles cet habile Naturaliste l’a fansdoute observé pour en déduire préala-blement ce principe général. II ne fautpas cependant s’imaginer qu’on le re-connoiífe dans toutes les têtes d’unmême pied,& qu’il s’exécute,quelquetems qu’il faste , comme Pline le pré-tend. Si l’on voit tm grand nombrede ces fleurs se tourner íuccestivementvers le soleil, il y en a peut-être autantqui ne le font pas, ce qui m’a paru dé-pendre de la position de ces fleurs lesunes par rapport aux autres, & de cellequ’elíes avoient relativement au soleil.Lorsque les touffes de ces plantes fontcomposées d’un grand nombre de ti-ges qui peuvent se porter ombre réci-proquement. Alors le soleil étant mê-me très brillant, il n’y a gueres que léstêtes qui soient du côté où est alors lesoleil qui le regardent. Ce n’est pascependant que le mouvement attribuéà cette planète ne soit qu une illusion,& que l’on ait attribué à une seulefleur ce qui dépendoit de toutes cellesqui étoient fur le même pied, se tour-nant naturellement chacune vers quel-ques côtés du ciel différents les unsdes autres. Lorsque le pied sur lequelon fait cette observation est isolé ,qu’il n’a qu’une seule ou très peu detiges, il est ordinaire que dans untems serein & fans nuages les têtes deçette plante regardent continuelle-ment le soleil dans tout son cours ;mais si la touffe est considérable, lestêtes du milieu font souvent tournéesvers des côtés opposés dans le mêmetçms, & U n’y a souvent alors que

celles qui font du côté du soleil, ouqui par la hauteur de leurs tiges nefont point plongées dans sombre queleurs voisines occasionnent, qui soienttournées vis-à-vis du soleil. Les plan-tes de cette classe ne font pas les seu-les qui aient cette propriété. M. Lin-naeus y joint les reseda 8c les gaudes ,M. Hales les feves de marais, &c il ya lieu de croire qu’en cela beaucoupde plantes ressemblent à celles-ci.

Plgsieurs Naturalistes ont cherché àexpliquer ce fait & à en découvrir lavraie cause. Ceux qui ont vouluu’elle dépendît d une sympathie ou’une attraction qui est entre cesplantes 8c le soleil, ne méritent pasfans doute plus de croyance que lesPoètes qui ont, pour dénouement, for-gé la fable des amours de Clytie & duSoleil. Une des plus satisfaisantes quel’on puisse donner est fans doute cellequ’on lit dans la statique des végé-taux de M. Hales. » Ce n’est point,» dit cet illustre Auteur, en circulant-- comme le soleil que cette plante-- fait tous ces mouvements, c’est par» une nutation dont la cause est dans» la tige, car le côté opposé au soleil» transpire plus que les côtés oppo-» fés, & par conséquent fait courber» la tige en se raccourcissant, & cela» d’autant plus que la plante transpire» davantage. Or l’on sait que le rour--> ne-sol transpire beaucoup ». Si cetteexplication est la vraie, comme il y alieu de le penser , elle servira encoreà expliquer ce qui a été avancé plushaut, savoir que toutes les fleurs d’unmême pied n’ont pas régulièrementce mouvement, puisqu’il saut quellessoient frappées immédiatement desrayons du soleil, & que celles quifont à sombre de celles ci ne pouvantpas beaucoup transpirer, comme onaura lieu de le dire dans quelqu’en-droit , elles doivent rester dans la

direction