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Tome premier.
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Notes d'uri Savant Anony

me

sous le nom de Syphée , étant à se pro-mener sur des hauteurs des environsde cette ville, qui en étoient éloi-gnées d’environ cinq cents pas j ilsapperçurent, le rems étant serein, untourbillon noir & épais qui vint cre-ver avec une íi grande violence, queces personnes qui n’étoient pas loinde l’endroit où cela arriva, en furenteffrayées Sc tomberent par terre pres-que évanouies ; revenus à elles, ellesallerent examiner ce qui s’y étoientpassé j ils y trouvèrent une pierre d’en-viron trente livres, qui ressembloit àdu fer. La même année une semblablepierre à peu près grosse comme unegrenade , tomba avec les mêmes cir-constances au pied des montagnes desAlpes. Du teins de Mercator , il tom-ba du fer dans les environs de Turin jil en tomba dans plusieurs endroitstrois ans avant que Je Duc de Savoie,pere d’Emanuel, fut chassé par le Roide France , de fa Principauté, danslaquelle il rentra peu après par le se-cours de Charles-Quint. L’ armée deJules César fut très incommodée enAfrique d’une pluie de pierre dans letems de la guerre de Pompée. Les Es-pagnols nous ont appris par leurs re-lations , qu’il a plu des pierres grossescomme des coings , entre les provin-ces de Quivir & de Cicuich, dans leNouveau Monde.

En 15 i o, de l’autre côté du Pô }le long de la riviere Ádda , lç ciels’étant enflammé, il tomba avec ra-pidité plusieurs pierres qui étoientdures , brunes Sc d’une odeur de sou-fre , dont une pesoit cent vingt & 1 au-tre soixante livres, Sc qui furent en-voyées au Roi de France , selon Ca-mille Léonard , dans son miroir despierres , liv. i. chap. 5. Du tems deMercator , on apprit qu’il en étoit en-core tombé une très considérable dansle même pays. On pourroit facilement

encore accumuler exemple fur exem-ple : 011 pourroit parler de celle qui estrapportée dans le supplément des let-tres de Bruckmann , du crystal , quiselon Bernard Valentini, tomba avecde la grêle en 1 714 , dans la Préfec-ture d’Asfeld, de la pluie de pierresprécieuses arrivées en Bohème , selonBalb'inius , & dont Valentini fait aníïîle récit dans son Catalogue des ouvra-ges de la Nature & de l’Art.

En réfléchissant fur ceux de ces pro-diges qui font rapportés avec quelquedétail , on trouve plusieurs circons-tances qu’il est bon de peser. L’une estle poids de la pierre ; la seconde , sacouleur Sc son odeur ; la troisième, letems qu’il faisoit lors de la chute deces pierres ; la quatrième, le pays oùquelques-unes de ces pluies font ar-rivées j la cinquième, la qualité desgens qui rapportoient ces faits. Lagrosseur de ces pierres étoit quelque-fois énorme , quelquefois elle ne sur-passoit pas la grosseur du poing. Com-ment imaginer que des pierres pareil-les aux premieres, & même aux se-condes , aient pû se soutenir en Pairpendant quelque tems, comme le pré-tendent plusieurs auteurs , entre au-tres Lancisi dans fa nore fur Merca-tor , où il réfute cet auteur d’avoirsoutenu que ces pierres se formoientdans les nues , sentiment que Schotavoir auffi embraíîe pour les grossespierres seulement, prétendant avec lePere Corbée que les petites pouvoiençêtre enlevées par des vents furieux,Sc retomber ensuite , ces vents ayantcessé. Quoiqu’il soit d’abord aíïèz dif-ficile d’imaginer la force de certainsouragans ; ce que l’on rapporte de cesvents furieux semble donner quel-que vraisemblance au sentiment deLancisi, Sc des autres auteurs qui Pontsoutenu avant ou après lui. Le passagesuivant, tiré de la physique de M.